
En apparence tout accable le député Christian Vanneste : du négationnisme homosexuel qui le fait exclure de son parti et condamner par à peu près tout le monde. Mais les choses sont-elles si simples?

Les déclarations de Vanneste
Elles ont tourné en boucle aux infos. Dans une vidéo diffusée sur le site Libertépolitique.com, Christian Vanneste a parlé de «la fameuse légende de la déportation des homosexuels». Plus précisément il a affirmé : «manifestement, Himmler avait un compte personnel à régler avec les homosexuels. [NDLR : Voudrait-il dire par là qu'Himmler avait une sorte de complexe homosexuel?] En Allemagne, il y a eu une répression et déportation, mais il n’y en a pas eu ailleurs. En dehors des trois départements annexés, il n’y a pas eu de déportation homosexuelle en France». C’était le 10 février. Tout le monde a crié au négationnisme homosexuel et ses propos ont fait scandale, surtout quelques mois avant la présidentielle.
Vanneste et les homosexuels
Mais à y regarder de plus près, Christian Vanneste ne critique pas les homosexuels en tant que tels, il ne nie pas non plus leur déportation en Allemagne. Et face aux réactions provoquées par sa phrase, il répond : «Je n’ai rien dit d’extraordinaire, j’ai rappelé des faits, c’est tout. Si mes propos sont inexacts et qu’on me le prouve, je les retirerai immédiatement et je m’en excuserai.». Au fond, y’a-t-il là vraiment homophobie et négationnisme? Vanneste n’a pas prétendu que les nazis aimaient les homosexuels, il a parlé d’un certain type précis de déportation qui, sur le plan historique, fait encore débat.
Vanneste et les historiens
Or, sans vouloir défendre particulièrement Vanneste, le grand historien Serge Klarsfeld, président de l’Association des fils et filles de déportés a, indiqué qu’ “à sa connaissance” il n’y avait pas eu d’homosexuel déporté depuis la France, ” en tant qu’homosexuels” […] mais que parmi les déportés, il y a des homosexuels [qui l’ont été] comme juifs, résistants ou droits communs». Et même si l’historien Mickaël Bertrand, qui a dirigé un ouvrage collectif sur la question, parle de «62 personnes déportées en raison de leur homosexualité», la question fait apparemment encore débat dans le milieu historien. Au fond n’est-pas plutôt parce que c’est Vanneste qui le dit que les propos font la polémique? Car Vanneste avait auparavant osé d’autres propos que chacun jugera en son âme et conscience : «l’homosexualité, menace pour la survie de l’humanité» ; «La droite n’est pas assez à droite, il n’y a qu’en France qu’elle est molle comme cela» et suite à cette dernière affaire : «l’influence de la puissance médiatique extraordinaire du lobby gay, qui pose véritablement un problème aujourd’hui». Est-ce donc son propos ou bien Vanneste qui est jugé sur la place publique?

