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Cinéma : A nos amours – La vie d’Adèle

S’il est bien un film dont l’attente fut grande cette année, c’est bien le dernier opus d’Abdellatif Kechiche, « La vie d’Adèle. Chapitres 1 et 2 », tant les médias s’en sont emparés depuis son passage au festival du film de Cannes, édition 2013. Le film est devenu quasiment un phénomène de société alors que peu de personnes l’avaient encore vu. La projection du film coïncidait avec les débats de plus en plus en vifs autour de la loi sur le mariage pour tous.

la-vie-dadeleLa vie D’Adèle : le scandale

Mais également, des différents sont apparus, notamment avec les déclarations le jour de la proclamation des résultats du festival, déclarations émanant d’un groupe de techniciens, estimant n’avoir pas été payé selon les règles en vigueur dans le monde du cinéma. Tout cela tranchait quelque peu avec le silence, ou plus précisément la discrétion durant le tournage de ce film de février à août 2012 dans le Nord/Pas de Calais. Certes plusieurs reportages ont été publiés par le quotidien régional La Voix du Nord. Peu en comparaison à d’autres films tournés dans cette même région, principalement les films de Dany Boon, pour lesquels la production souhaitait la mise en lumière du tournage du film. Pour le film de Kechiche, c’est très différent. Il n’a pas le même statut. C’est un cinéaste exigeant, discret. Il ne donnera quasiment aucune interview pendant les mois de présence à Lille. C’est seulement à partir de la projection cannoise que la polémique va débuter et vite flamber. Le festival de Cannes, est, pour cela, une fantastique caisse de résonance, surtout si un parfum de scandale plane sur un film.

La vie d’Adèle : le film

Il ne faudrait pas que la polémique qui n’a pas cessé durant les mois d’été, mais qui est repartie plus vive encore en septembre avec les déclarations de deux actrices principales, Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos, qui partagent, par ailleurs, la Palme d’or avec Abdellatif Kechiche, déclarations relatives aux conditions de tournage, transformant le réalisateur en véritable tyran, il ne faudrait pas que ces polémiques viennent ternir l’image du film. Car, en dépit de tout cela, il y a le film. Mais ces polémiques ont été tellement vives que le film a failli ne pas sortir, c’est, en tout cas, ce que souhaitait à un moment donné le réalisateur (voir son interview dans l’hebdomadaire Télérama de septembre 2013). Ce n’est pas la première fois qu’un tel phénomène se produit, il faut se souvenir que Maurice Pialat en 1987, pour son film « Sous le soleil de Satan », fut victime d’une situation proche de celle vécue par Kechiche, au point d’être sifflé au moment de la réception du prix. Etranges sont les rapports que la France établit avec les quelques cinéastes qui ont obtenu cette prestigieuse récompense. Cela ne fut pas toujours ainsi. Pour « Entre les murs », Laurent Cantet fit pratiquement l’unanimité en 2008. De même pour « Amour » en 2012, même si le réalisateur est autrichien, Michael Haneke, le film est une production française, tournée en France, avec des acteurs français. Mais contrairement à « Amour », pour lequel la distinction fut décernée uniquement pour Haneke, alors que les prestations d’Emmanuelle Riva et de Jean-Louis Trintignant sont exceptionnelles, le jury du festival en 2013 a décidé de faire partager le prix également aux actrices. Pour « Amour », le partage du prix aurait pu être également envisagé.

« La vie d’Adèle. Chapitres 1 et 2. »

Dans les retombées de cette polémique, il y a la première « officielle » à Lille. Elle eut lieu le vendredi 4 octobre au Nouveau Siècle. Lors de cette projection, furent absents Kechiche et Léa Seydoux. Seule, Adèle Exarchopoulos fut présente. De même, le président du conseil régional Nord-Pas-de-Calais fut absent. Il y eut juste un présentation de « l’équipe du film » avant la projection, sans débat à l’issue de la projection. Projection qui ne bénéficia pas des meilleures conditions techniques. Si pour l’image, il y a peu de chose à dire, le lieu dispose d’un très grand écran, c’est au niveau du son que les choses se gâtent. Alors que la salle vient d’être rénovée de fond en comble, l’acoustique pour les concerts est maintenant superbe. Ce ne fut pas le cas lors de la projection. Il est dommage qu’un tel film ne méritât pas de meilleures conditions techniques.
Ce film est une adaptation libre du Bande Dessinée de Julie Maroh, « La bleu est une couleur chaude », B.D., qui obtint plusieurs distinctions, dont le prix du public Fnac/Sncf à Angoulême en 2011. A cette histoire, Kechiche greffa un ancien projet portant sur le parcours d’une enseignante passionnée de théâtre.
« La vie d’Adèle. Chap. 1 et 2 » est bien l’histoire d’Adèle. Ses chapitres 1 et 2. Ses débuts dans la vie. Adèle est une jeune fille de 15 ans. Sa vie va changer le jour où où elle rencontre Emma, une jeune femme aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir le désir, l’amour,… Grâce à Emma, Adèle va devenir une femme. Leur relation est montrée sur plusieurs années. Adèle deviendra professeure des écoles au cours de cette histoire et s’éloignera d’Emma. La retrouvera…
« La vie d’Adèle » est avant tout une histoire d’amour, forte, violente parfois, douce à d’autres moments, histoire dans laquelle les deux comédiennes se sont immergées, ont donné tout leur être, dans son intégralité, surtout, peut-être Adèle Exarchopoulos. Film fleuve, près de trois heures, au cours lesquelles le spectateur suit les amours de ces deux jeunes femmes, avec des moments de forte tension, des plans d’une grande beauté.
Le film ne se termine pas vraiment. Comme un point de suspension. Aurons nous une vie d’Adèle, chapitre 3 et 4. Le matériau filmé le permettrait. Un certain nombre d’épisodes dans la BD ne sont pas évoquées. Ces épisodes figurent ils dans le matériau filmé (plusieurs centaines d’heures) ? On le saura peut être plus tard. Réunir le trio des chapitres 1 et 2 paraît fort compromis maintenant. Il n’est possible que de puiser dans ces centaines d’heures. Le matériau est important car Kechiche filmait les plans et les séquences à plusieurs caméras (4 quelquefois), lui supervisant les déplacements des caméramen avec son « combo » composé de 4 moniteurs et donnant ses indications tantôt aux comédiens, tantôt aux techniciens. Il pouvait filmer pendant plusieurs minutes d’affilée, sans interrompre la prise. Le numérique permet cela maintenant. Mais en même, le réalisateur se retrouve avec un matériau filmé important, surtout si quatre caméras filment en même temps, mais en adoptant des angles, des placements différents. Et ainsi un travail de montage plus long.
Mais si le film comporte des moments de grâce, il aurait gagné à être un peu plus court. Certes sa mise en scène repose sur la répétition, le ressassement, un aspect obsessionnel, il n’en demeure pas moins, que la longueur de certaines séquences entraîne, chez le spectateur, un sentiment d’ennui.

« La vie d’Adèle. Chapitres 1 et 2. »

France. 2013. Couleurs. 2H55.
Scénario et réalisation : Abdellatif Kechiche
Interprétation : Léa Seydoux (Emma), Adèle Exarchopoulos (Adèle), Salim Kechiouche (Samir), Mona Walravens (Lise), Jérémie Laheurte (Thomas), etc…
Palme d’or au festival de Cannes 2013 (pour la première décerné conjointement au réalisateur et aux deux actrices principales). Présenté au festival de New-York.

Les promesses de l’aube : de la littérature au cinéma

Cinéma : « Les phoques se sont tus… sur les rochers, et je reste là, les yeux fermés, en souriant, et je m’imagine que l’un d’eux va s’approcher tout doucement de moi et que je vais sentir contre ma joue dans le creux de l’épaule un museau affectueux…
J’ai vécu. »

claire-simon-gare-du-nordCes quelques mots en exergue de cet article sont les derniers écrits par Romain Gary dans son roman La promesse de l’aube. Ce livre joue un rôle dans le dernier film de Claire Simon Gare du Nord, puisqu’il y apparaît à divers reprises et sous des présentations différentes : l’un annoté et signé, l’autre sans aucune annotation. Le livre de Gary (dans son édition Folio chez Gallimard) est un des éléments injectés par la réalisatrice dans son film. A ce livre, on peut ajouter : un chien,  un long cor rectiligne en bois, des sous-vêtements féminins, un dictaphone, etc… A ces éléments matériels s’ajoutent deux personnages principaux et deux autres un peu moins importants dans le récit. Et le tout dans un lieu : la gare du nord. Et ce lieu est un des personnages du film. Tant il est présent visuellement et phoniquement.

Cinéma : les promesses de l’aube à la gare du nord

Gare du nord s’inscrit bien dans la filmographie de Claire Simon, cinéaste qui alterne les films documentaires et les films de fiction. Et dans ses films de fiction, la part du documentaire est fort prégnante. Son premier long métrage en 1998, Coûte que coûte, film documentaire sur les difficultés que rencontrent une petite entreprise fera le tour de nombreux festivals. Ce film, comme d’autres depuis et tout comme le dernier sera produit par la société Les films d’ici, créés il y a plus de trente ans par Richard Copans. Par la suite, elle réalisera Récréations, Mimi et plus récemment Les bureaux de Dieu en 2008.
« Gare du Nord » est un projet très particulier : il donnera naissance à deux films, l’un de fiction Gare du Nord, l’autre, documentaire, Géographie humaine, projeté au dernier festival de Locarno en même temps que Gare du Nord. Pour ces deux films, elle pratiquera une véritable immersion dans ce monde qu’est la gare du nord, trois gares mondiales. Cette immersion sera effectuée par une petite pendant plusieurs semaines en amont de la réalisation du film, avec une petite équipe, sans caméra, mais avec des enregistreurs sonores pour capter des histoires ou des bribes d’histoires que leur raconteront des personnes qui passent par ce lieu ou qui y travaillent.
Et c’est après cette immersion que Claire Simon bâtira son scénario en collaboration avec d’autres scénaristes. Pour nous raconter une histoire de rencontres, la première (car c’est une des premières rencontres du film, et pas vraiment le début du film, sur lequel je reviendrai ultérieurement. La rencontre entre un homme jeune et une femme, moins jeune certes, mais encore attirante, coiffée d’une perruque claire et vêtue en permanence d’un imperméable vert. Lui est étudiant en thèse et enquêteur pour la SNCF, elle est professeure d’université et malade. A partir de cette première rencontre, vont suivre d’autres rencontres entre les deux bien évidemment et chacun d’entre eux avec d’autres personnages, dont deux qui reviendront de façon récurrente : une femme, jeune, ancienne étudiante de la professeure et travaillant dans l’immobilier et un homme qui a perdu sa fille adolescente. Et toutes ses rencontres se feront dans la gare, sur les quais, aux abords de la gare, dans la gare où réside la professeure. On se sert pas de ce lieu.

Le cinéma documentaire et fiction

Si l’aspect documentaire est important, les histoires racontées sont pour la plupart d’entre elles vraies, en lien avec les difficultés de la vie, de la crise, du chômage. Progressivement le film s’en éloignera, pour aller jusqu’au fantastique : apparitions, disparitions, personnages étranges, perte de la notion du temps, on ne sait plus, à certains moments, si ce que l’on voit correspond à la réalité ou pas, rêvé ou imaginé par les personnage. On perd la notion du temps dans cette gare : on ne sait pas en combien de jours l’histoire s’est déroulée, les horloges apparaissent régulièrement, mais certaines tournent à l’envers. C’est toute la force du film de Claire Simon de faire de la gare un personnage qu’elle montre, imagine, analyse, découvre…
Une des difficultés de ce film a dû être le tournage. Car il ne fallait pas arrêter le fonctionnement habituel de la gare. La nuit, cela n’a pas posé trop de problèmes, mais le jour, c’est un peu plus compliqué. Il fallait que les personnages soient reconnaissables dans la foule (d’où l’importance de la permanence de certains codes vestimentaires, imper vert de la prof, tailleur rouge de l’agente immobilière, etc…) et que l’on entende correctement leurs voix. Pour cela, elle constitua un groupe d’une trentaine de personnes réparties en quatre groupes dans la gare afin d’éliminer l’effet « masse » d’une équipe de tournage. De ce fait, le film rend bien cet effet de « ruche » qu’est la gare, ces flots perpétuels d’individus en partance vers d’autres lieux. Mais ce ne sont que des individus, et non des groupes, même si à certains moments des groupes peuvent se constituer, lors de contrôles policiers, de bagarres, etc…, ces groupes sont éphémères et très vite ils se dissolvent. La cinéaste réussit également de très beaux mouvements de caméras, notamment vers la fin du film, quand l’étudiant regarde de loin la professeure qui le cherche. Dans ces moments-là, elle réussit en un plan à avoir plusieurs points de vue sur ce qui se passe à l’écran. Elle jouera souvent avec les façades de verre, les miroirs, qui reflètent les personnages ou rien. Et pour l’élaboration de certains plans, on ne peut ne pas penser à un peintre américain, qui a fait l’objet il y a peu d’un hommage à Paris : Edward Hopper. Et la référence n’est pas gratuite, tout comme Hopper, tout en montrant (en peignant ou en filmant) la vie, on montre également la mort.

Musique de cinéma

Comme tout film qui se respecte, à de rares exceptions, de la musique est ajoutée aux ambiances sonores du film. Et dans ce film, les ambiances sonores sont nombreuses, le brouhaha général du lieu, les annonces, les cris, les sifflets, etc… Tout cela a dû constituer un matériaux important qu’il était nécessaire de retravailler et de trouver une place pour la musique, confiée à un des meilleurs compositeurs et guitaristes américains, qui travaillent avec John Zorn, ou encore un collaborateur de Bashung : Marc Ribot. Ribot a su trouver une place au sein de cette riche bande sonore, tantôt en introduisant juste des sons de guitares ou en composant à d’autres moments une véritable partition, aux différentes colorations : rocks, douces,…
Et le film se clôt comme il a débuté, en filmant des paysages à travers les fenêtres d’un train. Mais, alors qu’au début du film, les fenêtres ne reflétaient que les paysages, ici c’est le visage de l’étudiant qui vient s’inscrire dans le cadre. Alors qu’au début du film, son visage, en gros plan, n’apparaissait qu’après et indépendamment de ces fenêtres. Le train quittait, à l’aube, cette gare dans laquelle nous étions tout au long du film, tout comme le personnage de l’enquêteur. Là, il quitte ce lieu. Une page de sa vie serait-elle tournée, suite aux rencontres réalisées dans cette gare, et tout particulièrement avec cette enseignante qui l’aura peut être aidée à en sortir ? Et partir ainsi vers de nouvelles promesses…

Gare du nord
France. 2013. Couleurs. 119 minutes.
Un film de Claire Simon.
Interprétation : Nicole Garcia (Mathilde, la professeure), Reda Kateb (Ismaël, l’étudiant), François Damiens (Sacha) Monia Chokri (Joan), les quatre protagonistes principaux.
Auxquels s’adjoignent un grand nombre d’apparitions, dont certaines assurées par des acteurs connus et même des réalisateurs : André Marcon, Lou Castel, Jacques Nolot, Jean-Christophe Bouvret, Pawel Pawlikowski, Samir Guesni, etc… et certainement Claire Simon un court instant.
Présenté au Festival de cinéma de Locarno

Cinéma : 24 heures de la vie d’une femme

Le temps de l’aventure : le film ne se passe pas en temps réel, mais le cinéaste a consacré son histoire sur une journée, 24 heures, entre la représentation de la pièce et la nouvelle représentation le lendemain. Le spectacle a lieu à Calais, et il est aisé avec le TGV de rejoindre Paris. C’est ce qu’elle compte faire et c’est ce qu’elle fait. Rentrer chez elle et retrouver son ami. Mais le hasard, le sort, le destin,.. en a voulu autrement.

emmanuelle-devosLe cinéma d’Alix

En s’installant dans le train, le regard d’Alix croise celui d’un bel et sombre inconnu, inconnu il le restera, car on ignorera son nom. Leur regard se croise et ne s’évite pas. Comme s’ils étaient aimantés l’un à l’autre. Elle va finir par apprendre que cet inconnu, anglais de surcroît, se rend à Paris pour un enterrement. Arrivée à Paris, elle descend du train pour rentrer chez elle. Elle rentre bien chez elle, elle n’y trouve personne. Elle tente de joindre au téléphone son compagnon, mais elle tombe sur la boîte vocale. Et autre coup du sort, elle s’aperçoit qu’elle a laissé son chargeur au théâtre à Calais. Donc, elle ne peut plus utiliser son portable. Elle devrait utiliser les cabines téléphoniques. Surprise, en 2012, à Paris, on trouve des cabines téléphoniques. Le téléphone portable n’a pas éradiqué les cabines.
Elle se retrouve seule à Paris, sans téléphone. Elle décide de retrouver le bel et sombre anglais. Elle le retrouve à la cérémonie d’enterrement. Au point même de discuter avec la famille, faisant semblant d’avoir connue la défunte. Elle peut feindre cela. Elle est comédienne. Rien de plus simple pour elle de jouer un jeu. Mais elle se laisse prendre à ce jeu. Et suivra l’anglais. Mais elle pense repartir à Calais en début d’après midi. Arrivée Gare du Nord, elle change d’avis et va retrouver l’anglais à son hôtel, ne pouvant résister à la tentation, telle Ève à qui l’on propose le fruit défendu.

Un cinéma de rencontre

Ils sortiront ensemble de l’hôtel pour se retrouver au milieu de la fête de la musique, toujours à la recherche de cabines téléphoniques pour appeler le théâtre et leur dire qu’elle arriverait plus tard et appeler son ami qu’elle n’arrive pas à joindre.
Elle fera au cours de cette journée d’autres rencontres, toujours en compagnie de son anglais, professeur de littérature dans la vie. Pour finir par se retrouver à nouveau gare du Nord. Le film ne s’arrête pas à ce moment-là, mais aller plus loin serait dévoiler la fin, et dévoiler son choix entre suivre cet inconnu ou rester avec son compagnon, que l’on ne verra jamais à l’écran, dont on entendra simplement la voix sur son répondeur.

Cinéma : Le temps de l’aventure

Le temps de l’aventure est le cinquième long métrage de Jérôme Bonnell, révélé en 2002 avec Les yeux clairs. Ce film fait suite à La dame de trèfle, film plus sombre, dans lequel on retrouve une des meilleures comédiennes françaises actuellement : Florence Loiret Caille, vue récemment dans Queen of Montreuil.
Le temps de l’aventure est un film beaucoup plus lumineux. Un film où le temps est suspendu, un peu à l’image du personnage principal féminin, qui ne sait pas quelle décision prendre, qui se retrouve sans téléphone portable, coupée un peu du monde. Elle va vivre une journée entre parenthèses. Et c’est un film qui se passe le plus souvent en extérieur, dans la foule : fête de la musique, gare du Nord,… Et le spectateur doit suivre le personnage principal, sans le perdre dans toute cette foule. Jérôme bénéficie d’un collaborateur hors pairs en la personne de Pascal Lagriffoul, son chef opérateur, qui réussit à cadrer les personnages sans qu’ils soient noyés dans la foule.
Le film doit beaucoup à son interprète principal : Emmanuelle Devos, présente dans presque tous les plans du film, qui réussit là une des ses meilleures prestations, comme celles du côté des films d’Arnaud Desplechins, avec lesquels Le temps de l’aventure a une certaine parenté. Face à Emmanuelle Devos, Gabriel Byrne est tout simplement parfait, tout de retenue, de distinction et d’élégance.

Le temps de l’aventure.
France/Belgique. 2013. Couleurs. 105 mn
Un film de Jérôme Bonnell
Avec Emmanuelle Devos, Gabriel Byrne, Gilles Privat, Aurélia Petit,….

La 38e cérémonie des César

 C’est ce soir la 38e cérémonie des César au théâtre du Châtelet à Paris.

cesarLes favoris des César

Cette 38e cérémonie des César comporte plusieurs grands favoris tels « Camille redouble », « Amour » et « Les adieux à la reine ». Emmanuelle Riva, 85 ans, pourrait rafler le prix d’interprétation. Camille redouble » de Noémie Lvovsky, avec treize nominations est un film sur une quadragénaire qui revit ses 16 ans. Le film fait course en tête pour la cérémonie. Mais il est concurrencé par « Amour », nommé dix fois, dont les catégories meilleurs actrice et acteur, meilleur réalisateur et meilleur film. Il s’agit d’un film sur la vieillesse et la mort. On peut compter sur le film de Michael Haneke qui a déjà accroché de nombreux prix depuis sa Palme d’or au dernier Festival de Cannes.

Les trouble-fête de la cérémonie des Césars

D’autres films pourraient également jouer les trouble-fête parmi lesquels « Holy Motors » de Leos Carax (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur notamment) ou encore « De rouille et d’os » de Jacques Audiard avec neuf nominations également (dont meilleure actrice pour Marion Cotillard, meilleur film, meilleur réalisateur). S’il a échoué à Cannes, il se rattrape dans les salles où il fait de belles entrées. Et pour le césar du meilleur film, deux autres longs métrages sont en lice : « Dans la maison » de François Ozon, sorte de thriller littéraire, et la comédie à succès « Le prénom » de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière.

Les Oscars et les acteurs

Chez les acteurs, Jean-Louis Trintignant, 83 ans, partenaire d’Emmanuelle Riva, est le grand favori aux côtés de Jérémie Renier (incroyable « Cloclo ») et Denis Lavant qui interprète 11 personnages différents dans « Holy Motors ». On devrait retrouver aussi Vincent Lindon (« Quelques heures de printemps »), nommé pour la cinquième fois mais jamais couronné, et Patrick Bruel pour « Le prénom » ou encore Fabrice Luchini (« Dans la maison »), et Jean-Pierre Bacri (« Cherchez Hortense »). Côté réalisateur, Stéphane Brizé a bon espoir pour ses « Quelques heures de printemps », l’histoire d’un ex-taulard handicapé obligé de retourner vivre chez sa mère. Une belle cérémonie des César ce soir.

Cinéma : Rock The Casbah récompensé à Berlin

Le film israélien de Yariv Horowitz Rock The Casbah a remporté samedi une prestigieuse récompense au Festival du Film international de Berlin.

rock-the-casbahCinéma : Festival du film international de Berlin

« Rock the Casbah » raconte l’histoire d’un jeune soldat israélien au milieu de la première Intifada en 1989. Il a été salué par la direction du Festival international de Berlin pour montrer « l’irrationalité de la guerre. » Yon Tomarkin et Angel Bonani, des acteurs israéliens repérés dans des séries télévisées, en sont les acteurs principaux. Produit par United King, le réalisateur Yariv Horowitz a voulu montrer les soldats de Tsahal dans la réalité de la guerre, refusant d’en faire des héros ou des criminels. Le film a participé au festival dans le cadre de l’émission Panorama. Selon le site Israël Tarbout dédié à la culture israélienne, le film a été projeté en avant-première il y a quelques jours en Israël et devrait sortir dans les salles du pays cette semaine.

Le cinéma israélien dans le monde

Ce film est l’occasion de relever à quel point le cinéma israélien a remporté des succès ces dernières années. Plusieurs films ont été nominés aux Oscars américains, des festivals de films israéliens s’organisent un peu partout et les prix se multiplient. Surtout, il faut noter que depuis quelques années les productions israéliennes, très souvent en coopération avec les cinémas allemand et français, démontrent une qualité tant au niveau des sujets abordés et de la façon de les traiter, qu’au niveau de la réalisation. Les productions israéliennes, tant au niveau des films qu’au niveau des séries télévisées, n’ont plus rien à voir avec les séries à l’eau de rose du début des années 90. A noter également la place de plus en plus importante que prennent certains acteurs Israéliens qui s’exportent à travers le monde, en particulier aux Etats-Unis. Le réalisateur Yariv Horowitz a déclaré après la réception que « La participation du film au festival de Berlin et le prix sont un rêve sans fin. Ce prix témoigne de la foi dans les chances commerciales de « Rock the Casbah » et sa vaste distribution internationale.

Pendant le festival, nous avons vendu le film aux États-Unis, en France, en Australie et au Japon. » Le film illustre à nouveau l’expansion du cinema israélien de qualité dans le monde.

Die Hard : le 5e, une belle journée pour mourir

Les sagas de films sont à la mode et il faut dire qu’elles se multiplient sacrément. Rocky a persévéré jusqu’au 6e épisode, alors même que l’histoire était très pauvre, et Terminator a connu son 3e volet et on ne sait pas s’il y en aura d’autres. De son côté, Bruce Willis sort le 6e volet de la saga Die Hard. Voir la bande annonce.

die-hard-5-bruce-willisDie Hard : une belle journée pour mourir

L’air de rien, voilà un bon moment que Bruce Willis est sur le marché du cinéma américain et mondial et il faut bien dire qu’il ne se fait plus tout jeune. Il l’est toutefois encore assez pour assurer encore un autre film d’action aux explosions spectaculaires. Mais la production a bien compris que Bruce Willis devait préparer sa succession. C’est sans doute pourquoi, dans ce nouvel opus, le héros John McClane, incarné par Bruce Willis, se rend en Russie pour libérer son fils emprisonné. Il y apprend que son fils est un agent de la CIA hautement qualifié qui doit empêcher un vol d’armes nucléaires, tous les deux doivent affronter la mafia russe et un puissant ennemi russe qui menace la paix et qui veut déclencher une guerre imminente.

 

Die Hard : du classique

 

On ne peut pas dire que le réalisateur John Moore ait fait dans l’originalité : l’agent de la CIA qui lutte contre un ennemi russe qui veut se procurer une arme nucléaire, est un classique de l’époque de la guerre froide. Mais les bonnes recettes fonctionnent toujours, si l’action et un peu de rigolade sont au rendez-vous. Le public attend bien sûr Bruce Willis au tournant. Il faut se rappeler que Die Hard, le premier, appelé en français Piège de cristal, date de 1988, il y a 25 ans. C’est dire à quel point la saga a la vie plus longue qu’on ne le croit. Le risque pour ce nouveau Die Hard, après 58 minutes pour vivre en 1990, Une journée en enfer en 1995, et Retour en enfer douze ans plus tard, en 2007, est de finir par lasser. Les résultats au box-office de ce nouveau Die Hard indiqueront sans doute s’il y en aura un 6e, ou pas.