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Non, le cinéma n’est pas une marchandise

Nouvel épisode dans les négociations que mène l’union européenne avec les Etats-Unis dans le cadre du grand marché transatlantique du cinéma de 2015. Le mardi 11 juin, le président de la Commission européenne José-Manuel Barroso rencontrait à Strasbourg une délégation de cinéastes européens : Lucas Belvaux (Belgique), Costa Gavras (France), Daniele Luchetti (Italie), Dariusz Jablonski (pologne), Radu Mihaileanu (France), Cristian Mungiu (Roumanie), accompagnés par l’actrice Bérénice Béjo. Le résultat de cette rencontre n’est guère encourageant dans la mesure où aucun accord n’ a été conclu entre les deux parties en présence.
Le prochain épisode est prévu le 14 juin. Ce jour-là ce sont les ministres du commerce européens qui devront se prononcer sur le mandat de négociation de la Commission européenne.

CLAP-FIN cinémaUn peu d’histoire du cinéma

Depuis 1948 et la signature des accords du GATT (accords de libre-échange sur les tarifs douaniers et le commerce, imposant une non-discrimination entre les exportateurs étrangers et les producteurs nationaux), des clauses de sauvegarde dissocient le cinéma et audiovisuel d’autres produits telles que des carottes ou encore des réfrigérateurs. Ainsi fut instaurée une exception culturelle.
Depuis cette époque, les Etats-Unis n’ont cessé de tenter de remettre en cause ces accords. Que l’on se souviennent des accords de l’OMC (organisation mondiale du commerce) dans les années 90, où l’on a vu un certain nombre de cinéastes s’insurger contre la remise de l’exception culturelle, avec au premier de leurs rangs, Bertrand Tavernier.
Les Etats-Unis ont tout intérêt à voir leur disparition, afin d’exporter leurs films dans la plupart des pays sans subir une discrimination par rapport à ceux en provenance des divers pays de l’union européenne et ainsi imposer leur suprématie sur le marché européen. De leur côté, les pays européens mettent en avant l’exception culturelle afin de protéger leurs cinématographies, notamment au niveau des industries cinématographiques, des réalisateurs, des producteurs, mais au niveau des gouvernements, la situation n’est pas tout à fait la même d’un pays à l’autre. La France, avec son organisation du cinéma reposant sur l’existence du CNC, de taxes spécifiques (taxes prélevées sur l’ensemble des films distribués sur le territoire français) est à l’avant-garde de ce combat (il suffit de reprendre les déclarations de la ministre de la culture lors d’une conférence sur l’exception culturelle qui se tenait à Cannes le 20 mai dernier : «l’endroit le mieux placé au monde pour savoir à quel point cette exception culturelle a été un bienfait pour le cinéma français, européen, mais aussi pour les échanges internationaux»).

Négociations pour le cinéma

Depuis le 12 février 2013, un nouveau cycle de négociations est mis en place en vue de la création d’une zone de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis. Peu de temps après, le 13 mars, la Commission Européenne, par l’entremise du commissaire en charge du commerce, Karel de Gucht, adoptait un projet de mandat intégrant la culture, y compris le cinéma et l’audiovisuel, aux transactions concernant les services. Il est utile de rappeler qu’en 2005 la plupart des pays européens avaient ratifié la convention pour la protection et la promotion des diversités culturelles, convention ratifiée par 148 pays, et 2 voix contre, les Etats-Unis et Israël.Le président de la Commission, José Manuel Barroso voit dans ce nouvel accord de libre-échange « une manière de doper la croissance européenne en l’arrimant à la croissance américaine. » Des centaines de milliers d’emplois, plusieurs millions d’euros de bénéfices pour les entreprises, de 0,5 à 1% du PIB de croissance généré … tels sont les objectifs proclamés par le commissaire Karel de Gucht pour promouvoir cet accord commercial bilatéral que l’exécutif européen, si mandat lui est donné, pourrait conclure avec les Etats-Unis.
Malgré une certaine discrétion des grands médias quant à l’avancement de cet accord, une pétition a été lancée à l’initiative de cinéastes tels les frères Dardenne, Jaco Van Dormael, Michael Haneke, Pedro Almodovar, Jane Campion, David Lynch…. et bien d’autres. Près de 7000 signataires au total. A côté des cinéastes, se sont associées un grand nombre de structures ou associations professionnelles : SACD, SCAM, l’ARP, la SPI, le SDI, la FERA, etc…. Cette pétition (que l’on peut trouver en ligne, en différentes langues européennes sur le site suivant : https://www.lapetition.be/en-ligne/The-cultural-exception-is-non-negotiable-12826.html ) vise à exclure le cinéma et l’audiovisuel du mandat de négociation de la Commission lors les prochaines négociations commerciales entre l’Europe et les Etats-Unis. « Le cinéma européen est confronté à l’une de ses plus graves menaces. Si cet accord finit par passer, il risque de fragiliser tous les pays, toutes nos exceptions culturelles, notre identité, et même l’idée que l’on se faisait de la construction européenne » selon la déclaration de Jaco Van de Dormael dans l’hebdomadaire Les Inrocks.

Après la pétition pour le cinéma

Suite à la pétition, suite aux diverses prises de position, le président de la Commission européenne rencontrait donc ce groupe de cinéastes européens.
Malheureusement, cette rencontre s’est soldée par un constat d’échec. Le communiqué de l’ARP (Société civile des auteurs-réalisateurs producteurs) est on ne peut plus clair : « Le Président Barroso s’est obstiné dans son refus. Il s’est réfugié dans un discours qui n’apporte aucune garantie au respect de l’Exception culturelle, et qui compromet gravement l’avenir des politiques culturelles en Europe. Ainsi, José-Manuel Barroso ne veut pas entendre l’engagement de 7000 professionnels de la culture, parmi lesquels les plus grands cinéastes européens. José-Manuel Barroso reste également sourd à la position du Parlement européen, seule instance démocratique élue, qui s’est exprimée à une écrasante majorité en faveur de l’exclusion des services culturels. Le Président Barroso valide ainsi les propos arrogants du Commissaire Karel de Gucht, qui avait balayé d’un revers de la main la résolution du Parlement européen(…) Les cinéastes européens en appellent aux États membres afin d’enterrer ce projet extrêmement périlleux pour la culture européenne. »
Monsieur Barroso prend un risque majeur s’il s’obstine, lui et les membres de la Commission européenne, à ne pas accepter la proposition faite par les cinéastes ce jour à Strasbourg. En effet, comment quelques personnes, non élues de surcroît, peuvent engager dans une telle direction l’avenir du cinéma européen, et cela en allant à l’encontre de l’avis du Parlement européen, d’un grand nombre de professionnels de ce secteur ? L’Union européenne est un espace démocratique. Si un homme s’oppose de cette manière à des personnes qui ont été élues démocratiquement, à autant de professionnels, si un tel homme s’entête, s’il persiste et signe, peut-il encore rester à la tête de la Commission européenne ?

Parnotre spécialiste du cinéma Christian SZAFRANIAK

Luxe: Chanel N° 5 et la commission européenne

Une réglementation à l’étude au niveau européen qui aurait pour objectif de restreindre l’utilisation d’ingrédients qui provoquaient des allergies, a réveillé l’inquiétude  des fabricants de parfum de luxe.
chanel

Luxe : Protection des consommateurs

Fondée sur un rapport du Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (SCCS) publié en juillet dernier, ce projet de législation vise à protéger les consommateurs contre des risques d’allergie. En effet, certains ingrédients qui entrent dans la composition des parfums sont susceptibles de causer des allergies chez 1 à 3% des européens. Ce qui constitue une proportion assez élevée d’après la commission européenne.

Luxe : des ingrédients clés de la composition des parfums contiennent des allergènes.

Cette dernière recommande ainsi de limiter la concentration de 12 ingrédients à 0,01 % du produit fini, c’est-à-dire à les faire quasiment disparaître.

Sont concernés par cette recommandation, des mousses d’arbres qui donnent au célèbre Chanel n°5 et à Miss Dior ses effluves boisées, le citral, présent dans les huiles de citron et de mandarine et dans de très nombreuses fragrances, la coumarine, que l’on trouve dans les fèves des arbres tropicaux de tonka et le géraniol, utilisé dans l’un des « hit » de Guerlain, Shalimar.

Luxe : vaste opération de lobbying des parfumeurs.

Une opération de lobbying d’envergure s’annonce alors entre les fabricants de parfums de luxe et Bruxelles. Pour ces derniers, le risque serait que, sans ces ingrédients clés, les parfums perdent leur odeur. Pour le président de l’Association internationale des parfums (IFRA), Pierre Sivac, ces ingrédients constituaient « l’épine dorsale d’environ 90% des parfums de luxe ».

Avec un marché évalué à 1,85 milliard d’euros en France, l’adoption de cette législation risque d’affecter plusieurs grands groupes de luxe tels que LVMH, qui possède Dior et Guerlain, mais également des centaines de petits producteurs de plantes à travers le monde.

Cette situation pourrait profiter à Interparfum (IPAR Nasdaq) qui saura sans doute le premier remplacer le composant avant que les grands groupes n’y parviennent.

Euro-obligations : François Hollande fait presque l’unanimité

Le président français François Hollande a imposé les euro-obligations comme principal thème du sommet européen auprès d’Angela Merkel.
jean-marc-ayrault ministres gouvernement législatives 2012 sondage

L’Italie et la Commission européenne d’accord sur les euro-obligations

Mercredi, François Hollande était arrivé à Bruxelles avec la ferme intention de promouvoir la création de ces euro-obligations, ou eurobonds dans le débat européen sur la croissance au cours d’un sommet informel de l’UE. Cette forme de mutualisation des dettes au sein de la zone euro a plutôt était bien acceuilli malgré les réticences de la chancelière allemande Angela Merkel.

En effet, au cours du sommet européen, le président français a été soutenu par l’Italie et la Commission européenne sur la mutualisation d’une partie des dettes de la zone euro. Un sujet de discorde avec l’Allemagne.

Pas de croissance avec les euro-obligations

Angela Merkel a semblé balayer d’un revers de manche cet instrument défendu de longue date par la Commission européenne en affirmant que « les euro-obligations  ne sont pas une contribution à la croissance ». Une position partagée par la Finlande, les Pays-Bas ou encore la Suède, pour qui ces eurobonds n’inciteraient pas les pays fragiles à la vertu budgétaire

Mais François Hollande a insisté et réclamé que « la perspective » des euro-obligations soit « inscrite » au menu de l’Union européenne en vue du sommet des 28 et 29 juin. Il a pu s’appuyer sur de nombreux soutiens, à commencer par celui de la Commission européenne, qui avait été la première à promouvoir cette idée, mais aussi celui du président du Conseil italien Mario Monti.

Euro-obligations : Merkel campe sur sa position

A l’issue du sommet, Angela Merkel est restée sur sa position mais a jugé que le débat sur la question avait été « très équilibré ».

Par ailleurs, François Hollande a aussi obtenu une feuille de route: le président de l’UE, Herman Van Rompuy, a annoncé qu’il présenterait en juin un rapport sur les principales étapes en vue de l' »approfondissement de l’Union monétaire« .

Le roaming et l’Europe

Un accord vient d’être signé entre le Parlement européen, la Commission européenne et les Etats membres sur le roaming, en attendant …
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Le roaming moins cher

Sans surprise l’accord a été signé et l’accord fait en sorte que le roaming devienne progressivement moins cher à partir du 1er juillet 2012 et jusqu’au 1er juillet 2014 où il atteindra le taux imposé par la commission européenne. Mais certains veulent déjà aller plus loin et abaisser les frontières entre les pays d’Europe et les opérateurs. Mettre fin au roaming en Europe pour 2016.

Françoise Castex et le roaming

Françoise Castex a déclaré : « Nous socialistes exigeons la suppression de ces frontières artificielles au sein du marché intérieur. Elle sont contraires à l’esprit même du projet européen et de ses pères fondateurs ». Avant d’ajouter : « Nous demandons à la Commission européenne d’agir rapidement afin de rendre la fin du roaming effective dès 2016. » Mais comment pourrait s’opérer ce changement dans le roaming?

 

Roaming international

 

Par ailleurs si l’Europe se crée un réseau européen qui mette fin au roaming dans l’Union européenne afin de pouvoir rester chez le même opérateur dans ses voyages en Europe, les tarifs du roaming continueront de se poser au niveau du roaming international. Les cartes prépayées de roaming restent alors encore le meilleur moyen.

Roaming : ça avance pour 2014

Nous l’annoncions, l’Union européenne travaille à plus de concurrence et une baisse des prix sur le roaming.
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Les législateurs et le roaming

C’est en Europe que se votent 80% de ce qu’on appelle les directives européennes, qui sont ensuite envoyées aux Etats membres de l’Union européenne, qui les appliquent. C’est donc l’Europe qui se charge en grade partie du roaming, car c’est à travers leurs voyages en Europe, les plus courants, que les consomateurs paient aussi le plus cher.

Le roaming et les mesures

De nouvelles mesures sont donc attendues sur le roaming (itinérance). Les législateurs veulent les mettre en place. Elles auront avant tout un effet sur les tarifs, qui seront à la baisse, selon ce que l’Union européenne aura imposé. L’Europe pratiquera d’abord un plafonnement des tarifs avec une réduction annuelle du 1er juillet 2012 au 1er juillet 2014.

Le roaming pour 2014

Et en 2014 le tout sera fixé. Le 1er juillet prochain, le prix des données, actuellement sans plafonnement, sera régulé de 70 centimes le mega-octet, puis jusqu’à 20 centimes le mega-octet en 2014. Puis avec l’ouverture à la concurrence plus large sur le roaming, les abonnés pourront opter pour un forfait de roaming lors de leurs déplacements, sans changer de numéro, et en profitant de la meilleure offre. On attend ces mesures de roaming pour mai au parlement européen, et en juin pour les Etats, pour être appliquées en juillet.

Le roaming au sein d’un nouveau règlement

A nouveau nous poursuivons les analyses d’Yves Martin, directeur roaming chez Orange, très impliqué dernièrement dans l’évolution des prix du roaming et de son développement.
orange et le roaming

Le roaming pour l’emploi

 

Selon Yves Martin, le règlement de la commission européenne, s’il s’applique, ne devrait pas avoir d’implications pour l’emploi, mais en revanche il entraînerait des risques financiers pour les opérateurs. Selon lui le développement rapide du roaming en 4G et en fibre optique et l’obligation de prix bas imposés est incompatible. Car ce développement nécessite desi in vestissements considérables qui exigent des prix plus élevés, au moins au début.

 

Le coût du roaming

 

Aujourd’hui chez Orange, les utilisateurs frontaliers et les professionnels nomades bénéficient des meilleurs tarifs de roaming, tandis que les formules dédiées aux touristes possèdent des tarifs plus élevés. Les tarifs des uns, pendant une période permettent de compenser d’autres offres très attractives. Selon Yves Martin, ce ne sera plus possible avec le nouveau règlement.

 

L’évolution du roaming


Orange possède déjà de nombreuses offres pour le roaming, mais qu’il prévoit de faire évoluer. Dès juin prochain, une nouvelle offre roaming qui combine voix, données et SMS en un seul forfait utilisable dans toute l’Union Européenne, verra le jour. Et en France, des clients pourront acheter un forfait comprenant 10 minutes de voix, 10 SMS et 10 Mo de données pour environ 4 à 5 euros par jour. Orange veut aussi proposer de nouveaux outils comme l’application Orange Travel App pour suivre en temps réel sa consommation de données à l’étranger, data comme SMS. Lancée en France depuis décembre 2011, elle atteint déjà plus de 6 000 téléchargements et sera déclinée dans d’autres pays courant 2012. Les Français, Belges et Polonais ont également une fonction « alerte et plafond » dédiée au roaming data. Elle fonctionne aujourd’hui en Europe et sera être étendu au reste du monde en 2012.