Le grand quotidien populaire Bild, en Allemagne, s’est fait l’écho des tensions et relations difficiles qui lient dernièrement les deux pays leaders de la zone euro. «La France est-elle en train de devenir la nouvelle Grèce?», s’interroge le journal. L’Allemagne s’inquiète pour l’économie française, son patrimoine.

Patrimoine et économie : où en est la France
La question était volontaire provocatrice. La France va beaucoup mieux que la Grèce. La publication du patrimoine des ménages français traduisaient même une augmentation presque étonnante, montrant que les Français, via leur épargne notamment, avaient su prévoir. Certains diraient que les bruits des Français : leurs coups de gueules, leurs protestations, leurs plaintes incessantes, ne sont pas représentatives de leur véritable situation, très privilégiée.
Toutefois les élites allemandes et le gouvernement d’Angela Merkel s’inquiète conjoncturellement à l’égard de leur grand voisin.
Le patrimoine de l’homme malade
Lors d’une conférence organisée par l’institut sur l’avenir de l’Europe – fondé par le milliardaire Nicolas Berggruen – l’ancien chancelier social-démocrate, Gerhard Schröder, a taclé ses camarades socialistes français en comparant la France d’aujourd’hui à l’Allemagne de 2003, alors considérée comme «l’homme malade de l’Europe», les accusant de refuser les réformes libérales qu’il avait lui-même lancées pour relever le pays. Par cette expression, il renvoie aussi la balle à Jacques Attali, l’ancien conseiller de François Mitterrand et militant socialiste, qui prétend que l’Allemagne est l’homme malade de l’Europe, du fait de sa natalité négative. L’Allemagne se meurt nous dit Attali.
Allemagne vs France : salaires, patrimoine, économie
«Les promesses de campagne du président français finiront par se fracasser sur le mur des réalités économiques, a entonné Schröder. En privé, on entend les langues se délier, et dire tout haut “La France ce n’est ni la Grèce, ni l’Espagne, ni l’Italie. Mais ce qui s’y passe est inquiétant. Hollande donne une impression d’Alice au pays des merveilles. Idéologiquement, il s’est isolé de ses voisins, qui mènent des réformes structurelles courageuses. Mais il réalisera tôt ou tard que la France ne peut échapper aux lois de la physique.» Et les spécialistes allemands de critiquer les salaires français et de proposer des mesures pour remonter la pente : “baisser le coût du travail”, donc les salaires, “abolir les 35 heures”, “augmenter la flexibilité”, “mettre fin aux avantages des fonctionnaires trop privilégiés par rapport aux emplois précaires”, “réduire le poids de l’État dans l’économie”, “lever les barrières à la concurrence”, “baisse des impôts”, “réforme du système social, notamment les retraites”… un vrai programme de libéralisation de la structure française.
