Le Rassemblement Bleu Marine … il fallait le faire quand même. Mais pour l’heure, l’UMP, même en crise, ne franchit pas le pas, sauf un seul.

Marine et Olivier Eyraud
Olivier Eyraud est aujourd’hui le seul candidat venu de l’UMP qui aux législatives portera les couleurs du “Rassemblement Bleu Marine” voulu par Marine Le Pen. Olivier Eyraud, 57 ans, conseiller général du canton de Reyrieux dans l’Ain, élu depuis 1995, suppléant depuis quinze ans du député UMP Michel Voisin, est depuis quinze jours un objet politique qui suscite les curiosités. Il s’y attendait, il a été exclu sans sommation de son parti et se présente donc comme “candidat divers droite soutenu par Marine Le Pen”.
Rassemblement Bleu Marine dans le futur?
Olivier Eyraud sera-t-il suivi? Pas pour ses législatives, pas aujourd’hui. Mais demain? Reste une impasse, deux à vrai dire : le nom et l’histoire du Front national, et ses différences assez fortes sur l’Europe. Le Rassemblement Bleu Marine ne peut pas réellement avoir lieu dans l’état actuel des choses. Car en vérité, le problème ne vient pas dans l’existence d’une droite nationale et souverainiste qui s’oppose à la construction européenne illimitée. Le problème vient du découpage entre gauche libérale et droite libérale. C’est là que devrait se trouver l’union.
Rassemblement Bleu Marine et le succès
“Je n’aurais pas fait ça du temps de Jean-Marie Le Pen”, assure Olivier Eyraud, “mais il faut reconnaître que Marine Le Pen, elle a bien changé son parti, elle l’a moralisé. Le Front national, c’est un parti républicain aujourd’hui, et les 6 millions d’électeurs qui ont voté pour elle à la présidentielle sont des gens comme nous. Il faut arrêter de diaboliser ce parti.” Et sur les marchés, si certains tournent les talons, d’autres s’arrêtent. Cet énarque, ancien membre du conseil d’État, pourrait bien l’emporter dans une circonscription, l’Ain, où François Hollande n’a recueilli que 41,5 %, et où le PS a accordé son investiture à Paul Vernay, le maire écolo de Pérouges, déclenchant la colère de Michel Raymond, le maire PS de Trévoux, exclu aussitôt de son parti qui se présente, lui, comme “candidat socialiste de l’Ain”. Dans l’Ain, c’est donc le contraire qui se produit, une alliance entre Eyraud et Marine, mais pas d’alliance entre les Verts et les socialistes.
