Sur la libération de Gilad Shalit, lire aussi : En direct du village de Gilad Shalit par Matthias Inbar
Pourquoi fallait-il libérer Gilad Shalit, témoignage de Pierre Rehov sur 47 des 1027 terroristes libérés qu’il a rencontré et interviewé dans les prisons israéliennes. (Prises de vues réalisées dans les prisons israéliennes Pierre Rehov)
Gilad Shalit, l’homme qui valait 1027 terroristes
Certes, il faut penser aux familles dévastées par le terrorisme qui assistent impuissantes à la liesse entourant le retour à Gaza des auteurs de leur tragédie. Certes, la vision de ces meurtriers remis en liberté, qu’ils soient membres du Hamas, du Fatah, ou d’organisations fanatiques secondaires a de quoi révolter tout être humain doté d’une sensibilité normale, de gauche ou de droite, à l’exception évidemment des Palestinolâtres, tellement englués dans leurs convictions, qu’ils en finissent par confondre massacre ciblé d’enfants Juifs innocents et tragiques dégats co-latéraux, (dus essentiellement au fait que ses mêmes terroristes se servent de leurs propres enfants comme boucliers humains). Certes Wafa Al Biss, l’une des terroristes relâchées, elle même candidate au « suicide-explosif » est-elle déjà en train d’inciter des groupes d’enfants palestinien à se transformer plus tard en bombes humaines.
Certes, il n’y a rien de glorieux dans le constat qu’un jeune appelé, kidnappé par des barbares, puisse peser dans la balance de l’humanité tout autant que ces 1027 politique-correctement dénommés « activistes »… Pourtant, il fallait que Gilad Shalit soit rendu à sa famille. Il fallait qu’il rentre au pays. Il fallait que s’achève son calvaire. C’est fait. Et, quelques soient les conséquences sur la sécurité, c’est un grand bien.
Qui sont les 1027 prisonniers libérés contre Gilad Shalit ?
Je fais partie des rares reporters ayant eu le triste privilège de rencontrer, dans les prisons israéliennes mais aussi à Gaza et en CisJordanie, quelques 47 terroristes palestiniens dont la majorité a été relâchée aujourd’hui. J’ai aussi connu leurs familles, et passé du temps avec leurs victimes survivantes. Cela m’a conduit à réaliser 2 films, parmi d’autres documentaires. « Suicide Killers » qui a connu un grand succès aux USA, mais n’est jamais sorti en France, et « The path to darkness » qui est toujours en attente de distribution.
De cette expérience, j’ai tiré deux conclusions fondamentales : la première, c’est que la lutte des Palestiniens n’est pas un combat territorial, et que leurs candidats au « martyre » ne doivent leur conviction qu’à l’exacerbation organisée de leurs frustrations non pas politiques, mais individuelles. La seconde concerne la prise de position d’un grand nombre de médias français dont le point de vue figé est de toute évidence façonné par l’AFP, la « politique arabe » de la France, le quai d’Orsay, et les relents nauséabonds d’un antisémitisme tiers-mondiste de bon aloi. Il suffit de se souvenir du faux historique promu par France 2, dont la victime, Mohammed Al Dura, allait devenir le symbole de la seconde intifada et, plus récemment, de ce reportage intitulé « Un état palestinien est-il encore possible ? » truffé de contre-vérités, de témoignages partiaux et de clichés antisionistes.
Avec la libération de Gilad Shalit, il eût du moins été possible d’espérer que la présentation pseudo-équilibrée des faits, qui puise toute sa perversité dans le choix élaboré d’une terminologie politiquement-correcte, fasse place, pour un jour, à un peu d’émotion véritable.
Las. Dans la bouche de nos commentateurs impartiaux, Gilad Shalit est resté un « soldat israélien en captivité » ou, dans le meilleur des cas, un « jeune franco-israélien libéré par le Hamas dans le cadre d’un accord avec Israël ». C’est en vain que j’ai espéré entendre, dans la bouche d’un seul journaliste, le terme « organisation terroriste » associé au mot Hamas car telle est l’acception de cette organisation par le journal officiel de l’Union Européenne depuis le 1er septembre 2003. Quels que soient la chaine, le quotidien ou la station de radio, la libération d’un adolescent kidnappé, séquestré, isolé du reste du monde, en dépit de toutes les conventions, contre la remise en liberté d’un millier de fanatiques sanguinaires, a fait l’objet de commentaires formatés, polissés – et surtout qu’aucun mot ne dépasse !
Pendant les cinq ans qu’a duré le calvaire de Gilad Shalit, je n’ai pu m’empêcher de penser à celui d’un autre jeune Juif kidnappé par un autre groupe de barbares, en plein territoire français. Ilan Halimi, dont on connait la fin tragique. Imaginez un instant qu’Ilan, le malheureux Ilan, ait été sauvé en échange de la remise en liberté de Smaït Ali Belkacem et de tous les membres du GIA impliqués notamment dans les attentats du RER ? Quels auraient alors les mots employés par la presse française ?
Il y a une grande différence, me dira-t-on, entre barbares et activistes palestiniens ? Ah bon ? Tout d’abord, me répliquera-t-on, ces barbares là n’avaient pas de revendication collective, et ne souffraient pas de l’occupation d’un pays. Quant au GIA, il s’agit bien d’une organisation terroriste, étant donné qu’elle exerce son action à l’extérieur d’Israël. (SIC)
Puisque, par essence, le combat contre la partialité d’une certaine presse serait sémantique, allons donc jusqu’au bout des termes pour affiner la comparaison.
La libération de Gilad Shalit préfigure la paix au Moyen-Orient ?
Le Hamas souffrirait donc de l’occupation de Gaza. Tiens donc. Il me semblait pourtant qu’Israël s’était totalement retiré de cette bande de terre, forçant plus de 30,000 personnes installées là depuis des décennies à subir l’expatriation. Il me semblait également que le Hamas n’avait d’autre légitimité sur ce territoire que celle acquise par la force et l’intimidation. J’ai par ailleurs appris, lors de mes périples dans les territoires, que le terme « occupation », dans la bouche d’une grande majorité de Palestiniens, englobait tout autant Tel Aviv, Haifa, Eilat et Jerusalem, que Gaza (non occupé, rappelons le), Naplouse ou Ramallah.
Poursuivons, et interrogeons-nous davantage sur le mot « occupation ». Mahmoud Abbas ne vient-il pas de demander l’acceptation par les Nations Unies d’un tout nouveau pays, la « Palestine ». De facto, ou plutôt a contrario, ce pays en devenir n’en serait donc pas un aujourd’hui. Par conséquent, évidemment, comment « occuper » ce qui n’existe pas ?
Ne serait-il donc pas plus réaliste et factuel de remplacer les termes « territoires occupés » par leur appellation juridique, telle que reconnue sur le plan international, et acceptée par Israël. Autrement dit : « territoires disputés » ?
Imaginez la différence si, tout à coup, un média français avait le courage et l’honnêteté de présenter les faits tels qu’ils sont réellement.
Gilad Shalit serait tout à coup « un jeune appelé franco-israélien kidnappé ». Le Hamas recevrait enfin le titre mérité d’ « organisation terroriste islamique ». L’accent serait mis sur le fait que les Arabes de Palestine n’ont jamais eu de pays et ne font qu’habiter une région disputée depuis les agressions arabes de 1967 et 1973. Et, surtout, nos journalistes et reporters n’hésiteraient pas à rappeler qu’une grande majorité de « militants » ne sont en fait que des barbares, victimes d’un lavage de cerveau religieux orchestré à tous les niveaux de la société palestinienne, où, dès le plus jeune âge les enfants se doivent d’admirer les « martyrs »
On peut rêver.
Mais en attendant de voir un jour se réaliser le rêve d’une information objective, réellement impartiale, de la part des médias, une information dans laquelle un chat serait appelé un chat, et un terroriste palestinien autre chose qu’un « militant » ou un « activiste », l’état d’Israël a offert à l’humanité toute entière la vision de la fin d’un cauchemar. Le happy end hollywoodien que seule une vraie démocratie pouvait réaliser. Gilad Shalit est libre.
« Qui sauve un homme, sauve l’humanité toute entière », dit la Torah.
Il semblerait que le Coran ait repris cette phrase à l’identique, parmi d’autres messages d’amour que ses fidèles n’appliquent pas encore à Gaza, en tout cas pas à l’égard de Gilad Shalit ; quant aux attentas suicides, ils sont purement et simplement interdits par le Coran.





