
Dans un entretien pour le Figaro Magazine, Nicolas Sarkozy a énoncé un certain nombre de thèmes, qui, on l’imagine, seront les grands axes de sa campagne, mais tous n’ont pas plu à tout le monde.

Les thèmes de Nicolas Sarkozy
Chômage, immigration, “république référendaire” sont des thèmes récurrents dans la vie politique. Mais tout dépend de la façon dont on en parle ou, n’en parle pas. Nicolas Sarkozy ou un autre. Sauf que. Sauf que la politique en France ou ailleurs devient plus souvent médiatique que réelle. Sauf qu’on s’accuse tout le temps de piquer telle chose à untel, de pas dire telle chose qu’on devrait ou de dire telle chose qu’on ne devrait pas.
Nicolas Sarkozy et le FN
Parmi les accusations récurrentes qui pèsent sur Nicoals Sarkozy, celle de se rapprocher du FN, de lui piquer une partie de son programme, de “faire le jeu” du FN … comme si c’était un jeu. Et le FN lui-même s’y fait prendre, à tort ou à raison. Ainsi, le vice-président du Front national, Louis Aliot, a accusé jeudi Nicolas Sarkozy de “piteuse manoeuvre électoraliste” avec l’idée de lancer des référendums, Marine Le Pen ayant parlé d’une “République référendaire”» dès le début de sa campagne.
Les référendums de Nicolas Sarkozy
Le chef de l’Etat a en effet dit envisagé un référendum sur une réforme de l’indemnisation des chômeurs et «la façon dont on doit considérer le travail et l’assistanat», et pourquoi pas aussi un référendum pour une réforme du droit des étrangers.
Louis Alliot a à la fois tort et raison. On pourrait lui reprocher d’avoir pris l’idée de la “République référendaire” chez Marine Le Pen. Mais on pourrait remonter aussi à De Gaulle voire à Bonaparte. On pourrait aussi dire qu’une fois de plus, Nicolas Sarkozy s’inspire de l’Allemagne, où le référendum est plus courant. En fait, on pourrait lui reprocher ce qu’on veut, à lui, à elle, et encore à lui. On finit toujours par se dire, que Nicolas Sarkozy ou d’autres, c’est un peu toujours la même chose.


A quarante ou soixante ans de distance, que subsistera-t-il de la trajectoire du Sarkozy courant ? Quelques griffonnages insipides sur le menu du Fouquet’s ? Les abondances médiatiques du « court Sarko show » démultipliant annonces et explications, initiatives et déplacements pour occuper puis embrumer les esprits ?
Paradoxe : les mêmes qui se sont ingéniés, depuis quarante ans, à désacraliser la fonction présidentielle se sont courroucés d’avoir un chef d’Etat aux écarts de buvette. Les Américains ont eu leur Bush, innommable vulgarité politique pour les condescendants Français qui ont porté au pouvoir celui dont ils connaissaient sans ombre le Cirque d’Etat permanent. Toujours insatisfait, toujours à s’en prendre à ceux qui ont la charge de gouverner ce pays, le peuple de France maintient son ancestral penchant à brûler ses idoles, même lorsqu’elles lui ressemblent jusqu’au bout des mots.