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Les “reculettes” de François Hollande



On a souvent critiqué, parfois avec raison, les réformettes de Nicolas Sarkozy et des gouvernements Fillon. Opposés à ces réformettes, François Hollande et le gouvernement Ayrault les novent, les fléchissent, les adoussissent sans jamais cependant les abroger en totalité. Mais ces allègements des réformes, ces reculades sur l’ère Sarkozy, ne sont souvent que des “reculettes“.
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Les “reculettes” du gouvernement Ayrault

Les premières grandes sessions du gouvernement Ayrault, celles qui ont eu lieu au mois de juillet, avant le départ en vacances, se sont attachées à défaire ce qui avait été fait par le gouvernement Fillon. En matière de fiscalité, François Hollande avait promis du changement. Il est encore impossible de dire si ce changement sera bénéfique ou néfaste, mais nous constatons en revanche qu’il ne s’agit que d’un petit changement. François Hollande ne supprime par l’ISF, il ne fait que revenir sur la petite réforme de Nicolas Sarkozy concernant le palier de paiement de l’ISF. Manuel Valls ne rompt pas radicalement avec la politique de Claude Guéant, il reprend le terme de “cas par cas” pour les régularisations, il tente d’instaurer de petites différences de style, mais au fond, conserve l’essentiel. Le gouvernement défait ce qui a été construit par l’UMP, mais sans trop reculer, sans trop prendre de risque, aux réformettes succèdent les “reculettes“.

Il n’en va pas autrement du dispositif TEPA, présenté politiquement comme une initiative d’un gouvernement de droite pour protéger les riches alors qu’il n’en est rien ; inventé à Bruxelles par voie de directive, l’essentiel de la loi TEPA concernait l’ensemble des pays de l’Union et visait l’investissement transfrontalier à l’intérieur de l’Union, simple incitation à européaniser le patrimoine absolument pas inventé par Sarkozy, pure transposition obligatoire d’une directive européenne.

Réformettes vs Reculettes : l’erreur de campagne de l’UMP

Même chose du côté d’Arnaud Montebourg, qui tente de passer pour le roi de la relocalisation mais qui ne peut empêcher sous ses yeux des délocalisations au Maroc, impuissant. Il négocie, il fait supprimer de petites mesures, cela s’arrête là. Idem pour Cécile Duflot au logement.

Il n’en va pas autrement de l’éviction discrète de Nicole Bricq du ministère de l’Ecologie du développement durable et de l’Energie pour avoir pris une seule mesure environnementale : le gel des autorisations d’explorations minières. Aussitôt la méritante sénatrice s’est faite pulvérisée entre les lobbyistes de la Shell et Arnaud de Montebourg. Volte-face immédiate de la ministre qui a dû plier et enterrer sa loyauté écologique sous la discipline partisane inflexible d’un gouvernement qui ne communique pas pour dire les choses importantes mais fait régner la terreur sur la condition des Ministres encouragés à prendre le métro, se taire ou démissionner.

Le gouvernement Ayrault n’innove ni ne semble gouverner véritablement, il recule un peu, se résigne à enterrer ses convictions électorales sous les ambitions personnelles et enfouir les ambitions personnelles sous les enjeux des lobbys dont ils découvrent la puissance.

Les Ministres, pour l’essentiel dépourvus d’expérience ministérielle semblent absolument sous la coupe de l’autorité naturelle et de l’expérience d’Arnaud de Montebourg qui donne le diapason de la politique économique et sociale. L’autorité règlementaire légifère de façon autistique en se concertant devant les miroirs vides placés face à face dans les hôtels particuliers du 7ème arrondissement, ministères désertés, la société civile n’est pas consultée, l’on ne prend pas l’avis ni des entrepreneurs ni des “vrais gens”. Gouvernement de l’introspection où l’on va chercher dans les erreurs du passé, celles de Sarkozy, l’anti-thèse, le modèle à l’envers à l’origine de toute initiative d’un gouvernement esthétique qui veut plaire, pas diriger.

Candidat par forfait, président par défaut François Hollande gouverne à pile ou face une France devenue exsangue.

Force est de constater que l’UMP a eu tort. Le parti a fondé sa campagne anti-Hollande en le faisant passer pour un incapable qui renverserait la France par de grosses ruades dangereuses qui ruineraient le pays. L’UMP a eu tort. François Hollande ne fait aucun grand pas en arrière ni aucun grand pas en avant, pour découdre les réformes de l’UMP. Il ne fait que de petits pas. La politique économique et sociale se tricote une maille à l’envers, une maille à l’endroit.

Un peu plus de plus-values immobilières, un peu d’ISF, encore un peu d’exploitation pétrolière finalement, pour les heures supplémentaires travailler pour payer plus d’impôts.

Les reculettes : l’exemple du socialisme

En bon socialiste François Hollande n’est en réalité, comme nous le disions pendant la campagne, qu’un socialiste libéral – tandis qu’on pourrait qualifier l’UMP de parti libéral social, ce qui est très proche. Il accompagne le libéralisme en le faisant reculer par petits coups de dés, c’est l’idée même du réformisme social. Concrètement, face aux réformettes de Sarkozy, cela se manifeste par des “reculettes“. Les choses restent donc en l’état, ni vrai libéralisme, ni vrai socialisme. Uniquement des “gauchettes”, des “reculettes“.

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