Avec une hausse de 175 % des prix de l’ immobilier à Paris en moyenne en 10 ans, contre 139% dans le reste de la France, les couples avec enfants sont repoussés au-delà du boulevard périphérique et seuls les couples qui en ont les moyens peuvent investir la capitale.

Immobilier pour célibataires
Selon une étude de l’Agence départementale d’information sur le logement (ADIL 75), les acquéreurs parisiens sont en majorité des célibataires ou des couples sans enfants. L’enquête a été réalisée sur dix ans et souligne que ce constat découle directement de l’évolution des prix des logements dans la capitale. En effet, malgré une légère inflexion en 2009, ils ont subi des hausses continues depuis 2001, allant de 4 % à 19,9 % entre les quatrièmes trimestres 2009 et 2011. Paris demeure la ville la plus chère des grandes agglomérations françaises avec un prix moyen au mètre carré de 8388 euros contre 3739 euros à Nice ou encore 3150 euros à Lyon. Compte tenu du prix d’un enfant, quel père de famille peut acheter un bien immobilier à Paris?
Hausse de l’ immobilier
Selon l’étude, les aides à l’acquisition (Prêt à taux zéro, crédit d’impôt) et les taux de crédits favorables, ont rendu plus solvables les acquéreurs, et expliquent en partie cette flambéedes prix de l’ immobilier. La pénurie de logement en est bien évidemment l’autre grande responsable. En dix ans, la ville a accueilli 109.000 résidents supplémentaires. Or, encerclée par le boulevard périphérique, la capitale manque de foncier pour construire: 63% des logements parisiens ont ainsi été construits avant 1949, et seulement 7800 logements neufs ont été mis en vente depuis 2001! Un chiffre ridicule pour la capitale. C’est pourquoi, au final, le prix moyen d’un appartement a été multiplié par 2,8.
Immobilier grand et petit
Autre élément à prendre compte : les enfants ne coûtent pas seulement chers, ils prennent aussi de la place, malgré leur petite taille. Or, rares et chères, les grandes surfaces sont difficiles à financer. Le nombre de propriétaires occupants est en outre à Paris l’un des plus bas de France. 56,2% des ménages parisiens sont locataires, alors que 57% des Français en moyenne ont acquis leur résidence principale sur l’ensemble du territoire. D’après les statistiques de l’Adil75, 50% des accédants parisiens à la propriété sont des célibataires, et le nombre de couples sans enfant progresse, passant de 13% en 2001 à 19% en 2011. Les couples avec deux enfants ne représentent plus que 10% des acheteurs, ils étaient 16% en 2001. Le fait est là, avec des enfants, les couples n’ont plus les moyens de se loger à Paris, et acquièrent un bien immobilier plus loin.
