
Une lectrice nous a transmis cette magnifique prose en l’honneur de Cupidon. Bonne Saint Valentin.

La douce saveur de Cupidon
En ce jour de Saint Valentin, il est d’usage d’encenser les joies incommensurables que les dieux de l’amour saupoudrent avec bienveillance sur votre relation amoureuse. Roucoulades, mots doux susurrés comme un bonbon à la violette au coin de votre délicate oreille.
Ah l’amour! Ce merveilleux sentiment qui vous transporte dans les eaux limpides du regard de l’autre, regard miroir qui vous renvoie toute la force de vos sentiments, vous rend plus beau, plus intelligent, plus tendre sur le monde. Et bien voilà j’ai décidé de jouer les casseurs d’ambiance et de dédier ce billet à toutes celles et tous ceux qui ont craqué pour un handicapé des relations humaines.
Cupidon est un salaud
Dans sa politique d’égalité et de non discrimination, notre vicieux Cupidon a décidé d’accorder aux handicapés des sentiments la possibilité qu’un naïf ou une naïve puisse succomber à leurs charmes. Heureux soient-ils de se voir couvrir d’attention inquiète, d’efforts d’écoute, de soutien un pauvre diable ou une pauvre diablesse s’évertuant à essayer de réveiller chez eux une once d’attention, un geste tendre, un début de commencement d’effort amoureux. A eux d’être au centre du désir de l’autre, au centre de ses caresses, des ses attentions, de ses inquiétudes. Et pour celui qui prodigue cette déferlante tendre il n’y a guère de retour. On se dit, il ou elle est mal dans sa peau, il ou elle a tellement de problème, demain il fera jour, les semaines passent, les mois et parfois les années et rien toujours rien, on en vient à mendier la moindre marque qui pourrait rallumer l’espoir et rien…L’autre s’enferme dans ses problèmes, ses malaises, comme dans une dérive sans fin et ne voit pas qu’il pourrait être heureux.
L’amour mensonge narcissique, oui mais faute de miroir ça devient un désert sans oasis.
Ce n’est pas de moi mais de ce cher René. L’amour pour être un mensonge narcissique doit pouvoir refléter ce qu’on attend de sa tromperie. Sinon l’escroquerie est double.
A quoi bon se casser le cul à organiser un week-end en amoureux malgré un emploi du temps qui ne laisse aucun répit si l’autre ne daigne même pas répondre. A quoi bon s’évertuer à éveiller tout son corps si en retour la carte de notre propre corps lui est totalement inconnu. A quoi bon lui remonter le moral si lorsque c’est nous qui trébuchons l’autre se terre dans le silence et l’indifférence. Narcisse n’est pas dans le scénario, Sader Maso à la limite pourrait bien être du casting.
Apprendre à désaimer Cupidon
La seule solution logique est de constater que l’autre ne ressent pas la même chose, tout au plus vous représentez une trêve agréable dans ses luttes, un moment sympa mais guère plus. Il faut savoir être réaliste et analyser froidement les faits. Tous vos efforts sont des coups d’épées dans l’eau, vos désirs ne comptent pas face à son rythme, vous n’êtes pas dans son cœur, vous êtes dans ses besoins ponctuels.
Il faut donc apprendre à désaimer, s’éloigner et ne pas se retourner, ça fera mal un moment mais l’amputation vaut mieux que la gangrène. Mais avant dans un dernier acte entremêlé de générosité et d’amertume dites-le lui ou écrivez-le lui, on ne sait jamais le timbre d’une voix peut faire périr bien des résolutions. Au pire vous aurez exprimé votre point de vue, au mieux cela lui servira peut-être pour ses prochaines amours. Et souhaitez de tout votre être que cupidon se fasse planter le jour de la Saint Valentin….ça lui apprendra à l’angelot bouffit de se jouer des sentiments à sens unique.
Selent T. pour Cupidon.


Sélène, on espère que cupidon aura le message et saura prendre l’aune de ce qu’il est sur le point de perdre… Bonne Saint-Valentin Sélène.