Maroun Najjar :  bientôt quinze ans de course en avant vers une « success story » filante.

Ancien directeur commercial d’une des filiales de télécommunications en défaisance après la création d’EADS – la société Multicoms -, Maroun Najjar était devenu en 2004 dirigeant d’une structure Toadcom qui avait repris Multicoms pour un montant symbolique.engineer_birthday_02

Toadcoam aurait elle-même même été détenue par un opérateur britannique « Vox Carrier », que l’entrepreneur d’origine libanaise décrivait avec enthousiasme comme « un groupe détenant des participations dans des centres d’appels, présents notamment en Inde, en France et au Maroc, ayant aussi obtenu des licences d’opérateur en Afrique pour des réseaux mobiles _ un réseau ouvre au premier semestre 2005 en Centrafrique, ou de la boucle locale radio dans 7 pays, dont la République démocratique du Congo, allant transférer à Multicoms ses activités en Afrique francophone et en Indochine, et y investir 5 à 10 millions d’euros en 2005 ». Vox Carrier se financerait sur fonds propres sans avoir besoin de lever des fonds et n’envisage pas d’introduction en Bourse avant cinq ans.

Pourtant, Les comptes sociaux de Vox Carriers indiquaient une activité confidentielle : sur l’exercice clos fin juin 2003, il aurait gagné 9.066 livres sur un chiffre d’affaires de 83.408 livres, ce qui n’empêchait pas Najjar de viser un chiffre d’affaires de « plus de 100 millions d’euros en 2006 ».

Quelques cendres réalistes

Au greffe, les résultats se révèleront légèrement différents : Toadcom (joli nom !) est fermé en 2013 après une liquidation judiciaire entamée en 2008 (http://www.societe.com/societe/toadcom-478040678.html) et Multicoms est placée en redressement judiciaire en 2008 (http://www.societe.com/societe/multicoms-383312519.html).

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La renaissance d’un phénix

C’est dans ces moments, entre redressements et liquidation judiciaires, qu’on reconnaît l’entrepreneur avec un grand « E » : par sa capacité à se relever.

Nous sommes en 2016 : Najjar a gère désormais (au moins) deux nouvelles structures, l’une nommée Facilitit’K, l’autre Rubycom.

Amours orléanais

Les deux sociétés domiciliées à Paris se sont implantée à Orléans  malgré des soucis manifestes de gestion des ressources humaines (http://www.larep.fr/loiret/actualite/2015/09/09/des-licenciements-a-rubycom-a-orleans_11576511.html), des licenciements, des grèves. Mais Najjar faisait plein de bisous à l’Adel et il avait bien raison. Entretemps, Adel, a plus.

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Dans un récent interview, Najjar décrivait son approche visionnaire des droits sociaux des salariés avec l’introduction d’une manière astucieuse de respecter la non fongibilité des biens sociaux : « Nous effectuons des transferts permanents de Rubycom vers Facilyt’k pour y renforcer les équipes ». Selon Maroun Najjar, ces transferts sont basés sur le volontariat. Que du bonheur, une apparente nébuleuse n’ayant en réalité rien d’un carrousel ?

Ca part un peu dans tous les sens avec le récent lancement d’une activité de géolocalisation, sur un marché pourtant déjà largement saturé, et sous une marque confidentielle, « Bluephone » : et Najjar de revendiquer dans la presse 5.000 véhicules équipés (oh !), ce qui est de bonne guerre quand on lance une activité sans moyens publicitaires. L’hébergement des serveurs pour ce nouveau service est assuré par un partenaire de qualité, la société Hexatom à Velizy.

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Même si on est loin des 100 millions d’euros de 2004 – Rubycom tourne dans les 2,2 millions d’euros de chiffre d’affaires – Maroun Najjar aime le faste et il n’est pas genre à lésiner. Il préfère naturellement recevoir ses interlocuteurs dans les salons des hôtels de l’avenue Kléber, au Raphaël ou au Peninsula, non loin de son modeste bureau de rue Dumont d’Urville, du nom d’un célèbre explorateur. Tout cela n’est pas un hasard et, c’est sans le moindre plus classe qu’inviter les personnes qu’on veut impressionner dans une loge « VIP » au Parc des Princes, invitation que d’aucuns pourraient trouver un tantinet vulgaire.

Vox Carrier(s) : petit mystère et plein de boules de gomme

Selon les récentes affirmations de Najjar, Vox Carrier, ou Vox Carriers selon les sources – ne nous battons pas pour un « «s » de plus ou de moins, ou un « El » de plus ou de moins dans un patronyme – serait la « maison mère » avec un chiffre d’affaires de 11 millions d’euros. Elle ressemble furieusement au Vox Carrier de 2004, non ?

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Il y a un Vox Carrier roumain, à Bucarest, bien connu dans le monde du trading de minutes VoIP (30 millions de minutes par jour). Serait-ce ce l’opérateur « britannique » au chiffre d’affaires confidentiel dont parlait Maroun Najjar en 2004 ? Après tout, vu de la Lune, Londres et Bucarest sont des villes mitoyennes.

Le mystère Najjar demeure.

La suite dans notre prochain article sur l’histoire palpitante du marché télécoms « low costs » des centres et franchisés de Midas France, en passe d’être attribué à Maroun Najjar. Pot d’échappement oblige.

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Quelques sources ouvertes

http://www.lesechos.fr/31/12/2004/LesEchos/19319-086-ECH_le-groupe-eads-revend-son-operateur-de-telecommunications.htm

http://www.larep.fr/france-monde/actualites/economie-politique/eco-finances/2013/06/12/rubycom-veut-recruter-trente-salaries-en-plus-dici-la-fin-2014_1584492.html

http://www.larep.fr/france-monde/actualites/economie-politique/eco-finances/2016/05/04/maroun-najjar-veut-reequilibrer-lactivite-de-ses-entreprises-rubycom-et-facilytk_11898275.html

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