Israël : la France empêche la construction d’un téléphérique à Jérusalem par une entreprise française

Selon un article du Figaro repris parle journal israélien Haaretz, l’entreprise française Safege, filiale ingénierie de Suez Environnement, engagée depuis près de deux ans dans la conduite d’études préalables à l’implantation d’un téléphérique à Jérusalem, vient de jeter l’éponge. Les pressions du quai d’Orsay ont eu gain de cause. La france retarde ainsi le développement de la ville, les relations entre Arabes et Juifs, et l’élévation de la qualité de vie pour les arabes de Jérusalem, pour des motifs politiques très contestables.

Téléphérique de Safege

Téléphérique de Safege

Les pressions de la France sur Safege

Selon les révélations du Figaro, Safege faisant face à la crainte de controverses prévisibles, ainsi qu’à une mise en garde récemment adressée par le ministère de l’Economie et le Quai d’Orsay, les responsables du bureau d’études ont préféré renoncer. Ils se privent au passage d’un gros contrat pour eux-mêmes mais aussi pour la France, qui brille notamment par l’expertise de ses entreprises, dont celles de transports, à l’étranger.

Mais pourquoi donc le quai d’Orsay a-t-il fait pression sur Safege?

Tout simplement parce que le tracé envisagé du téléphérique traverse la partie orientale de la ville.

Safege perd un contrat à cause de la politique de la France

 

Or la France comme de nombreux autres pays ne reconnaît pas la réunification de Jérusalem par Israël en 1967 après la reconquête de la ville par les Israéliens suite à 19 ans d’occupation par la Transjordanie. «Pour éviter toute interprétation politique, Suez Environnement a décidé de ne pas donner suite», a indiqué au Figaro un porte-parole du groupe auquel appartient Safege.

Le quai d’Orsay s’était en effet directement mêlé de l’affaire en convoquant les responsable de Safege. Suite à des pressions de Saeb Erekat, un proche de Mahmoud Abbas, le dictateur qui contrôle depuis la mort du dictateur Yasser Arafat les zones arabes A et B fixées par les accords d’Oslo avec Israël, l’administration française a discrètement convoqué les responsables de Safege. Ils ont été reçus le 12 mars à la direction générale du Trésor selon Le Figaro, où ils ont été mis en garde contre les risques juridiques liés à ce projet. L’entreprise s’est défendue en précisant n’avoir livré aucuns travaux depuis la publication par la France, en juin 2014, de «conseils» sur le commerce avec les lieux que la France ne reconnaît pas à Israël. Elle a par ailleurs indiqué avoir sollicité un avis juridique afin d’évaluer les risques encourus.

Le problème n’est pourtant pas juridique, il est politique. Selon la loi israélienne Jérusalem est la capitale d’Israël et il n’y a pas de différence entre l’est et l’ouest. Selon les accords d’Oslo, Israël garde aussi le contrôle de la zone C dans les territoires des régions de Judée et de Samarie.

Mais pour des raisons politiques, la France persiste dans sa volonté de créer un 23e Etat défini comme arabe dans le monde, un nouvel Etat de la sorte au Proche-Orient, après le découpage de la Syrie et du Liban parles français aux accords Sykes-Picot de 1915 et la création de toute pièce de la Jordanie et de l’Irak par les Britanniques au début des années 20. Des Etats dont on voit aujourd’hui le résultat.

Pour ces raisons politiques, la France pense pouvoir faire de la partie Est de Jérusalem la capitale de ce nouvel Etat baptisé « Palestine » malgré les quiproquos et malentendus que comportent ce mot au regard de l’histoire. Une revendication arabe et en même temps française qui n’a pourtant aucune justification au regard de l’histoire puisqu’aucun Etat arabe ou musulman ayant occupé les lieux n’en a jamais fait sa capitale. Pas même la Transjordanie entre 1949 et 1967. Une revendication à laquelle s’oppose fortement Israël, qui revendique la ville réunifiée comme sa capitale et qui ne manque pas d’arguments historiques pour le justifier, contrairement au camp arabe.

Les pressions de la France et des associations vont à l’encontre de la qualité de vie des résidents arabes

Durant sa campagne municipale de l’automne 2013, le maire de Jérusalem s’était engagé à aménager un téléphérique entre l’ancienne gare ottomane, située dans la partie occidentale de la ville, et le Mont des oliviers. Le tracé validé par la municipalité et le ministère des Transports prévoit qu’une station intermédiaire soit installée devant la Porte des immondices, non loin du mur des Lamentations et du Mont du Temple. Le projet vise à faciliter l’accès à ces sites qui reçoivent chaque année 10 millions touristes, ainsi qu’à réduire la pollution et à désengorger les abords de la vieille ville. Le projet reliera aussi différents quartiers de Jérusalem, arabes et juifs, et facilitera le transport dans la ville, la circulation et offrira donc une qualité de vie meilleure.

Mais les associations idéologiques qui pour des raisons idéologiques très douteuses s’opposent à la souveraineté israélienne à Jérusalem-est, font pression sur les sociétés qui veulent construire les infrastructures.

L’entreprise française Poma, «leader mondial du transport par câble» qui avait récemment manifesté son intérêt pour le projet, marque aujourd’hui ses distances. Dans un communiqué publié le 10 mars, elle souligne n’avoir «signé aucun contrat ni réalisé aucune étude de faisabilité en vue d’un projet à Jérusalem.» Il y a quelques semaines en effet, plusieurs associations arabo-palestinistes s’étaient opposées au projet. En 2007 encore,les entreprises Alstom et Veolia avaient également été la cible de vigoureuses campagnes en raison de leur participation à la construction et à l’exploitation du Tramway de Jérusalem, qui circule en partie à l’est de la ville et relie les quartiers arabes et juifs. Elles furent à l’époque poursuivies, devant les tribunaux français, sans résultats, car les tribunaux ont confirmé la légalité des constructions à l’est de la ville par Israël, admettant implicitement que la prétention du refus de reconnaître la souveraineté d’Israël à l’est de Jérusalem, est une position politique, qu’elle n’obtient juridiquement pas gain de cause, contrairement à ce qui est répété constamment.

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