Patrimoine financier : plus de 100 000 milliards d’euros

Voilà qui devrait refroidir les partisans de la crise économique perpétuelle. Selon le « Global Wealth Report » publié par Allianz et portant sur 50 pays dans le monde, les ménages se sont nettement enrichis en 2013, la richesse a bondi de 10% dans le monde. Le patrimoine financier symbolise ainsi l’enrichissement mondial.

Patrimoine financier

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2013 : belle année pour le patrimoine financier

Contrairement à ce qu’on pensent les critiques perpétuels de l’enrichissement mondial et bien que la crise soit incontestablement encore bien présente dans plusieurs régions du monde et menace toujours l’économie mondiale, 2013 fut une belle année pour la croissance et l’enrichissement dans le monde. Il s’agit même de la plus forte hausse depuis 2003. Le patrimoine financier des ménages dans le monde a augmenté en effet de 9,9 % en 2013, pour atteindre 118 000 milliards d’euros, selon la cinquième édition du rapport d’Allianz sur la richesse dans le monde. Et, n’en déplaisent encore plus aux hostiles idéologique de la bourse et de l’économie spéculative, c’est la performance exceptionnelle des marchés boursiers l’an dernier, aux États-Unis comme au Japon et en Europe, qui explique notamment ce très bon score.

On note en revanche les performances plus moyennes de la France, dont la progression est nettement plus modeste : 4,6 % seulement, un peu moins même que la moyenne européenne alors même que l’Europe est elle-même à la traîne par rapport au reste du monde (5,2 % contre 11,7 % pour les États-Unis et 6,1 % pour le Japon). En revanche, en subissant moins la crise que d’autres pays, depuis 2007 la richesse des ménages en France a augmenté de 20 % soit 5 % de plus que la moyenne en Europe.

Au classement du patrimoine financier, la France occupe aujourd’hui la quinzième place avec 48.800 euros par habitants, derrière la Belgique (78.300 euros), le Royaume-Uni (10ème avec 68.490 euros), et l’Italie (14ème). L’Allemagne se place juste derrière l’Hexagone avec 44.280 euros par tête. Les plus nantis sont évidemment les Suisses, avec un patrimoine financier de 146.540 euros. Les États-Unis viennent ensuite avec une moyenne de 120.000 euros par habitant.

 

Patrimoine financier : la réalité de l’accroissement des inégalités

Le rapport révèle en revanche que les inégalités dans le monde s’accroissent. Il ne fait toutefois que répéter une généralité bien connue, mal perçue mais aussi mal comprise. En effet le rapport évoque le fait que les riches sont encore plus riches, qu’en 2013 la hausse des richesses a surtout profité aux 10 % de la population les plus fortunés, alors que la crise avait frappé plus fort les classes populaires et moyennes. Il explique que les inégalités se sont accrues dans le monde, notamment aux États-Unis, «mais aussi considérablement dans certains pays européens comme la France, la Suisse, l’Italie ou l’Irlande».

Pourtant, ce que le rapport n’explique pas, c’est que l’accroissement des inégalités ne signifie pas l’appauvrissement, ni pour les uns ni pour les autres. En effet, contrairement à la vieille théorie bien perspicace de la prolétarisation des masses, on constate que le nombre de personnes qui appartient à la classe moyenne – patrimoine compris entre 5.300 euros et 31.800 euros- a légèrement augmenté, y compris pendant les années de crise, passant de 18% en 2012 à 19% en 2013 (soit 912 millions de personnes). En 13 ans, ce sont 500 millions de personnes qui ont accédé à la classe moyenne, changeant profondément sa composition.

Si les inégalités s’accroissent c’est d’abord parce que l’argent entraîne l’argent et que les riches voient leur argent fructifier plus vite, de façon pleinement naturelle. Mais le fait que les riches soient plus riches, ne signifient pas que les pauvres soient plus pauvres. Lorsque la moyenne augmente, tout le monde en profite même à si c’est à un niveau différent.

Le patrimoine financier et les pays émergents

Aussi la prolétarisation des masses n’est pas une réalité, c’est une erreur. Depuis le début du XXIe siècle, c’est-)-dire en seulement 14 ans, le nombre de personnes qui a intégré cette classe a doublé en Amérique latine, triplé en Europe de l’Est et même été multiplié par sept en Asie.

Par ailleurs l’ouverture au capitalisme mondial, la chute du communisme et l’écroulement des économies socialistes ont incontestablement provoqué l’émergence de nouvelles économies fortes. Depuis l’ouverture au système capitaliste de libre échange, les pays émergents, autrefois pays du tiers-monde, s’enrichissent considérablement. En 2000 en effet, 60% des membres de la classe moyenne étaient des ressortissants d’Europe de l’ouest et d’Amérique du nord. Aujourd’hui ils ne représentent plus que 30%.

En revanche, et c’est là une moins bonne nouvelle et l’effet direct de la crise, 65 millions de personnes de la classe moyenne ont en fait été rétrogradées. Ce sont d’anciens riches devenus moins riches. Ce mouvement est particulièrement visible dans des pays comme les États-Unis, le Japon, mais aussi en France et en Italie.

En revanche, l’étude souligne que le nombre de personnes qui appartient à la classe la moins fortunée est quant à lui resté sensiblement le même. Environ 3,5 milliards de personnes sont toujours exclues de la prospérité mondiale. Il faut souligner néanmoins que les niveaux de classement ne sont plus les mêmes et que le niveau d’enrichissement mondial progresse. En clair, en dehors des malheureux totalement exclus du système, le niveau de la richesse mondiale progresse incontestablement, le niveau du patrimoine financier est aujourd’hui meilleur qu’hier.

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