Le programme du Medef pour l’emploi et la croissance

Alors que le constat d’une France en crise depuis 30 ans, et plus profondément depuis la crise mondiale de 2008, ne fait plus débat, les solutions pour en sortir en revanche, ont bien du mal à trouver un consensus. Dans un grand discours, le président du Medef, Pierre Gattaz, a fait part de ses propositions pour l’emploi et la croissance.

 

Pierre Gattaz

Pierre Gattaz

Les propositions du Medef

 

Le Medef et la CGPME, les deux principales organisations patronales, ont présenté mercredi leurs propositions pour créer « un million » d’emplois en France. Pour les chefs d’entreprises, la France croule sous le poids des normes, des taxes et des lourdeurs administratives. Opposé à un CDD généralisé, le Medef a plaidé pour des moyens de généraliser les CDI via une amélioration de la compétitivité, une baisse des coûts du travail, un assouplissement des contrats et du temps de travail.

De son côté la CGPME a proposé 10 « mesures d’exception » afin de faire face à une « situation exceptionnelle » notamment en ce qui concerne le niveau du chômage. Selon son président Jean-François Roubaud, « notre pays s’enfonce, mois après mois, dans un chômage de masse ». La CGPME demande notamment aussi la création d’un nouveau CDI, baptisé « contrat de croissance », dont la rupture serait définie à l’avance et les conditions d’exécution basées sur la réalisation d’objectifs mais veut aussi allonger la durée maximale des CDD à 30 mois, renouvellement compris, contre 18 actuellement, et supprimer le délai de carence pour les jeunes en mission d’intérim d’une durée supérieure à 15 jours.

 

Le Medef remet en cause les 35 heures

 

Le président du Medef a également longuement insisté sur les 35 heures auquel il entend donner un coup mortel. Dans un livre programme, le Medef explique que « la loi (sur les 35 heures) ne serait plus que supplétive et s’appliquerait aux entreprises qui ne souhaitent pas ou ne parviennent pas à négocier un accord », souhaitant que les entreprises par secteur puissent définir autrement le temps de travail.

Selon l’organisation patronale, il faudrait aussi supprimer deux jours fériés sur 11, une mesure qui, selon elle, créerait environ 100 000 emplois. Mais le Medef va plus loin en prônant l’introduction de « contrats aidés » pour les chômeurs de longue durée, « afin de permettre aux entreprises de recruter à un coût inférieur au Smic plus les charges patronales », ce qui a provoqué un tollé du côté des organisations syndicales des travailleurs.

 

Le Medef veut relancer la compétitivité des entreprises

 

Le président du Medef Pierre Gattaz a également estimé jeudi matin que « nous devons passer d’un traitement social du chômage à une politique de création d’emplois ». Le vice-président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux a appelé à améliorer la compétitivité coût des entreprises, en jouant sur 5 leviers : « coûts du travail, coût de la fiscalité, coût de l’énergie, coût de l’Euro, coût du financement ».

Le Medef prône en outre la généralisation des « contrats de projet » qui prendraient fin automatiquement une fois le projet réalisé, sur le modèle du « contrat de chantier », qui existe déjà dans le secteur du bâtiment. La CGPME a également proposé de créer une « prime forfaitaire de 1.200 euros » pour les salariés reprenant un emploi non pourvu par Pôle emploi depuis plus d’un an.

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