LVMH et Hermès font la paix

Les deux grandes marques de luxe LVMH et Hermès ont signé mardi soir une paix en bonne et due forme qui vient enterrer quatre années de guerre féroce. Même le luxe a ses luttes commerciales et de patrimoine.

 

LVMH Louis Vuitton Moet Hennessy

LVMH Louis Vuitton Moet Hennessy

Hermès vs LVMH

 

A 22h mardi soir, Bernard Arnault et Axel Dumas, respectivement PDG de LVMH et président d’Hermès, se retrouvaient dans le bureau de Frank Gentin, président du Tribunal de commerce de Paris, pour signer un accord. Les deux hommes ne s’étaient encore jamais rencontrés malgré l’importance qu’ont leurs deux compagnies. L’accord fut vite signé après le feu vert accordé par les conseils d’administration de Dior et de LVMH.

Car Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France et neuvième fortune mondiale, juste derrière Liliane Bettencourt, femme la plus riche de France, héritière de la maison L’Oréal, possède plus de 23% du capital d’Hermès. Selon l’accord il s’engage à reverser ses actions à ses actionnaires et  à ne pas acheter de titres pendant cinq ans. Les deux groupes ont signé également une normalisation de leurs relations via une distribution aux actionnaires de LVMH de titres d’une valeur de 6,4 milliards d’euros. Le Groupe Arnault, la holding patrimoniale de Bernard Arnault, se retrouvera quant à elle, in fine avec 8,5% du capital d’Hermès, permettant à ce dernier  de retrouver un flottant plus normal pour la taille de la société, passant de 7% à 22%.

 

LVMH n’a jamais voulu prendre le contrôle d’Hermès

 

L’affaire a commencé il y a quelques années déjà. Bernard Arnault avait assuré à maintes reprises qu’il ne voulait pas prendre le contrôle d’Hermès, mais son message n’a jamais été pris au sérieux. En 2010, l’achat d’actions par Bernard Arnault est perçu comme une « intrusion ». Chacun est persuadé que Bernard Arnault ne fait pas qu’un placement financier mais recompose l’actionnariat familial comme il a procédé chez Carrefour. Cette « intrusion » est très mal perçue par les trois branches familiales qui composent l’actionnariat d’Hermès et qui trouvent là le nouveau moteur de leur unité. En quelques semaines, elles bâtissent une forteresse, une holding de contrôle H 51 qui verrouille la quasi-totalité des participations maisons. Hermès communique, se pose comme victime, puis s’oppose systématiquement à Vuitton et réussit quelques coups de force.

 

LVMH et Hermès en procédure judiciaire

 

Les deux groupes se retrouvent ensuite notamment devant l’Autorité des marchés financiers qui détaille en public, le dossier complexe de la prise de participation de LVMH dans Hermès. LVMH sera condamnée à 8 millions d’euros d’amende mais renoncera à faire appel. LVMH recule et pense à une sortie de crise. Les choses s’enlisent. LVMH mise sur le changement de gouvernance tandis que la tactique d’Hermès touche ses limites. Frank Gentin propose finalement une médiation mais veut prendre le temps de bien étudier la proposition. Après validation, les conseils d’administration et affichent : « pas de cocorico, pas de perdant, ni de gagnant ». A présent « on va attendre que l’encre des accords sèche un peu », confie un proche de Bernard Arnault.

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