Croissance : les Français ne veulent plus des 35 heures

Selon un sondage paru samedi 27 septembre, 61% des Français accepteraient de revenir sur la durée légale du travail dans certains cas si cette réforme pouvait relancer la croissance et faire baisser le chômage.

35 heures

35 heures

Renoncer aux 35 heures pour la croissance, mais pas aux jours fériés

Parmi les propositions faites par le Medef la semaine dernière, certaines comme la remise en cause des 35 heures, seraient acceptés par une majorité de Français. En revanche, d’autres, comme la suppression de jours fériés, sont toujours rejetés en bloc. Il en est de même pour le recul de l’âge de la retraite, selon un sondage Odoxa pour iTélé et Le Parisien/Aujourd’hui en France publié samedi 27 septembre. Le résultat est en outre fort compréhensible : les jours fériés s’inscrivent dans un processus historique et représentent chacun, soit une fête d’origine chrétienne ancrée dans les mœurs, soit un jour national, que ce soit en l’honneur du travail, comme le 1er mai, ou un jour de mémoire historique, comme pour le 8 mai et le 11 novembre.

La croissance le dimanche

Selon le sondage cité, 69% des Français sont contre « reculer l’âge légal de départ à la retraite » (31% pour) et 73% refusent de « supprimer deux jours fériés par an pour allonger la durée annuelle travaillée » (26% pour et 1% sans opinion). Là encore, l’argument est compréhensible. Malgré l’amélioration des conditions de travail et l’allongement de la durée de la vie, nul n’a psychologiquement l’impression d’avoir une vie facile ou d’être heureux de travailler. Boris Vian prend ici le dessus sur Marx, le travail n’est nullement un plaisir, mais un supplice.

En revanche, les Français font preuve de pragmatisme en approuvant l’ouverture des commerces à la fois le soir et le dimanche » (28% opposés), ce qui se fait beaucoup à l’étranger, dans de nombreux pays.

Au fond, selon le sondage, les Français sont prêts à faire des efforts pour faire baisser le chômage et repartir la croissance, mais fixent néanmoins des limites. La question est néanmoins de savoir si quelques mesures ici et là réussiront à faire repartir un pays qui s’enfonce en réalité dans une crise de confiance psycho-sociale qui, sans doute, précède largement la crise de 2008.

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