Pharmacie en ligne : la e-pharma française bridée par un arrêté liberticide.

L’arrêté e-pharmacie relatif la vente en ligne de 4 000 médicaments place la pharmacie en ligne française en marge de la compétitivité internationale au prétexte de lutter contre la contrefaçon.

pharmacie en ligne

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Dans un contexte de compétitivité mondiale où le Belgique, le Canada et les marchés émergents croisent le fer pour acquérir une part du marché de la pharmacie en ligne, la ministre française Marie-Sol Touraine promulgue un nouveau texte qui interdit à la e-pharmacie françaises de se développer.

Sans formuler de solutions réelles pour prévenir des contrefaçons de médicaments – qui continueront de prospérer à l’abri d’un ensemble règlementaire qui ne nuit qu’aux entrepreneurs – la pharmacie en ligne est un nouveau canard boiteux engendré par la ministre de la santé après la limitation des compléments d’honoraires des chirurgiens.

Pharmacie en ligne : la e-pharma française avortée.

L’arrêté formule des disposition qui défient le simple bon sens et témoignent d’une profonde méconnaissance du commerce électronique. L’interdiction de référencement dans des moteurs de recherche ou des comparateurs de prix contre rémunération est le signe d’une volonté presque idéologique d’éluder toute forme de compétition (et de l’interdire quand celle-ci est inévitable comme c’est le cas du référencement dans les moteurs de recherche).

L’arrêté du 20 juin 2013 relatif aux « bonnes pratiques » de dispensation des médicaments par voie électronique, formule en effet, différents interdits qui ne manqueront pas de favoriser les entreprises étrangères aux dépends des officines françaises :

– La création et l’exploitation du site internet ne doivent pas être financées, pour tout ou partie, par une entreprise produisant ou commercialisant des produits de santé : cette clause interdit aux entrepreneurs de e-pharmacie français de profiter des investisseurs naturels de leur secteur d’activité quand leurs concurrents pourront bénéficier des largesses de la seule industrie restée florissante malgré la crise économique mondiale.

– Intervention éditoriale de l’administration de la santé dans le contenu des sites de e-pharmacie : L’arrêté du 20 juin 2013 n’hésite pas à formuler des exigences éditoriales. A cet égard, la page « qui sommes nous » de chaque site de e-pharmacie devra contenir un lien vers l’Ordre national des pharmaciens, un lien vers le site internet du ministère chargé de la santé, un logo commun reconnaissable dans l’ensemble de l’Union européenne devra être affiché sur chaque page du site de e-pharmacie, le site comporte également un lien hypertexte vers le site de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

–  l’espace utilisateur « Mon compte » devra recenser les commandes passées ainsi que l’intégralité de ses échanges avec le pharmacien,

– Interdiction des backlinks en direction des industries pharmaceutiques et laboratoires : cette disposition discrimine les entreprises de e-pharmacie en leur interdisant toute ressource publicitaire ou de web marketing indirecte,

– Les newsletter ne peuvent inclure, s’agissant du médicament, que des informations émanant des autorités sanitaires, les forums de discussion sont interdits,

En foi de quoi, la profession estime que le marché français de la e-pharmacie est avorté par ce texte et n’atteindra jamais les 3% que pèse son voisin allemand.

Texte élitiste, liberticide qui mériterai un recours pour excés de pouvoir, dont la volonté d’éluder à toute force idéologique la compétition, favorise en réalité l’immobilisme et le statu quo et empêchera de développer les emplois qui auraient été créés par ce segment nouveau pour ne profiter finalement qu’à une trentaine d’officines déjà bien établies.

D’après une enquête de la mutuelle zen cinq acteurs seulement se partageront le marché…

Un règlement pour décourager l’initiative privée, la réussite et le mérite ; à l’image du gouvernement français de François Hollande : candidat par forfait (de Strauss-Kahn) et élu par défaut (contre Sarkozy).

La e-santé est pourtant un secteur dynamique où des initiatives originales voient le jour à l’instar le la carte de santé ou d’initiatives de teleconsultation médicales : ces initiatives sont-elles condamnées à rechercher en Allemagne la source de leur développement futur pour fuire de nouveaux textes interdisant d’entreprendre en France ?

carte de sante

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7 Comments

  1. Pingback: Le (trop) strict encadrement de la vente de médicaments en ligne

  2. Pingback: Pharmacie en ligne : la e-pharma française bridée par un arrêté liberticide. | [ e-PHARMArketing.com ]

  3. Patrick Lancier

    Bonjour Matthieu,

    Merci pour votre commentaire.
    Je met un lien vers votre rapport dans l’article

    CDT

  4. Stéphanie

    Bonjour,

    merci pour cette info concernant de l’e-pharmacie et sa réglementation.

    Beaucoup d’infos diffèrent sur ce nouvel arrêté, j’ai de mon coté trouvé cela aussi ( http://www.acs-websante.com/blog/e-sante/le-trop-strict-encadrement-de-la-vente-de-medicaments-en-ligne/) qui laisse à penser que l’on veut « empêcher » les pharmaciens de vendre sur internet, vrai ou faux?

    L’article de Matthieu est aussi très complet, bravo.

    Merci à vous.

    Bonne journée.

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